Belgique

Grève sur le rail et au TEC : attentes pour le 25 janvier à 22 heures.

Les perturbations sont attendues dès dimanche soir, 25 janvier à 22 heures. Les syndicats du TEC ont confirmé que des actions de grèves seront menées, en front commun, sur tout le réseau TEC du lundi 26 janvier au vendredi 30 janvier.

Quelles conséquences sur le rail ?

Des perturbations sont anticipées à partir de dimanche soir, le 25 janvier, à 22 heures. L’ampleur de ces perturbations reste difficile à déterminer, mais du point de vue syndical, les retours du terrain laissent présager un mouvement de grève largement suivi. « Je pense qu’il y a une adhésion assez importante au mouvement qui s’annonce« , déclarait Pierre Lejeune, président de la CGSP Cheminots, quelques jours avant le commencement de la grève.

En théorie, les actions de grèves devraient être échelonnées tout au long de la semaine parmi les différentes catégories de personnel du rail : les conducteurs un jour, les accompagnateurs un autre, le personnel de signalisation un autre jour, etc. « Pour que cela soit un peu plus supportable financièrement pour les agents« , explique Pierre Lejeune. Cette répartition a également pour but d’assurer une perturbation continue du réseau ferroviaire durant toute la semaine. Cela dit, le leader de la CGSP Cheminots précise que « nous couvrons tout le monde« , et par conséquent, rien n’empêche par exemple un accompagnateur de se déclarer en grève à un autre moment que celui initialement prévu pour sa catégorie.

Des perturbations sérieuses sont donc à prévoir.

Un service alternatif

Il convient de rappeler qu’il n’existe pas de service minimum pour le rail belge en cas de grève. Toutefois, depuis 2017, un « service alternatif » est en vigueur. La loi du 29 novembre 2017 sur la continuité du service ferroviaire impose aux membres du personnel des catégories professionnelles jugées essentielles d’indiquer, au moins 72 heures avant le début de la grève, s’ils comptent y participer.

Ainsi, la SNCB et Infrabel seront informées 72 heures avant la grève sur le personnel sur lequel elles pourront compter. La loi sur la continuité du service exige alors des gestionnaires ferroviaires qu’ils mettent en place un plan de transport adapté en fonction des ressources disponibles. 24 heures avant chaque jour de la semaine de grève débutant le 25 janvier, la SNCB pourra communiquer l’offre de trains disponible.

Lors de la grève commençant le 25 janvier, les usagers du rail devront consulter régulièrement les horaires des trains affichés en gare, sur l’application mobile ou sur le site de la SNCB.

Pourquoi les syndicats du rail organisent-ils cette semaine de grève ?

Les syndicats du rail ont décidé d’organiser cette semaine de grève en réponse à la décision du gouvernement fédéral de mettre un terme aux engagements statutaires à la SNCB et chez Infrabel.

Lors du conseil des ministres du 23 décembre 2025, le gouvernement a validé un avant-projet de loi sur la « Modernisation de la gestion du personnel des chemins de fer belges ». Cette réforme a pour objectif, selon Jean-Luc Crucke, ministre de la Mobilité (Les Engagés), de préparer la SNCB à la concurrence dans le transport des voyageurs d’ici 2032, conformément aux règlements européens. Selon le ministre, « le modèle belge, fondé sur le recrutement statutaire généralisé, ne permet plus de répondre avec la souplesse nécessaire aux défis de demain« .

Les cheminots déjà nommés conserveront leur statut, mais la fin des engagements statutaires pour les nouveaux entrants est prévue pour juin 2026. HR Rail, l’entité qui gérait jusqu’à présent les recrutements à la SNCB et chez Infrabel, évoluera vers un rôle de secrétariat social s’occupant des aspects juridiques et administratifs, tandis que la SNCB et Infrabel assumeront la gestion opérationnelle des ressources humaines.

Depuis la création de l’Arizona et l’annonce de cette réforme, les syndicats ont eu plusieurs réunions avec le ministre de la Mobilité pour tenter de trouver des compromis. Les propositions qui ont été présentées ont été rejetées par les affiliés des différents syndicats. Du côté du ministre et du gouvernement, il avait été précisé que la mise en œuvre de la réforme se poursuivrait.

Les syndicats expriment également leur mécontentement au sujet d’un autre dossier, la réforme des pensions. Ils s’opposent aux projets du gouvernement de reporter l’âge de départ à la pension, notamment pour le personnel des chemins de fer. Les discussions avec le ministre des Pensions, Jan Jambon (N-VA), n’ont pas permis d’aboutir à des compromis acceptables pour les syndicats, aggravant ainsi les tensions.

Des perturbations attendues aussi au TEC

Les déplacements en transports en commun pourraient être compliqués durant cette dernière semaine de janvier, et pas uniquement dans le secteur ferroviaire. Dans le sud du pays, le syndicat libéral avait déjà suggéré qu’un préavis d’action serait déposé au TEC pour la semaine du 26 janvier.

Ce mercredi 21 janvier, les syndicats ont confirmé que des grèves auront lieu, en front commun, sur l’ensemble du réseau TEC du lundi 26 janvier au vendredi 30 janvier. Le préavis de grève est « à durée indéterminée » et n’exclut pas d’autres actions ultérieures.

Les syndicats s’opposent aux mesures d’économie imposées par l’Opérateur de Transport de Wallonie (OTW), qui supervise le TEC en Région Wallonne. Selon les représentants des travailleurs, il s’agit notamment de mettre un terme aux heures de chaleur et aux allocations pour maladies de longue durée, de revoir les horaires de travail et de transférer davantage de lignes vers des entreprises privées. Des économies « qui ne sont envisagées QUE sur le dos des travailleurs« , critique Pascal Bailly, responsable CGSLB TEC wallon. Il met en garde contre d’éventuels « forts blocages » durant toute la semaine prochaine. Son collègue Karl Di Stefano, secrétaire permanent CSC Services publics, renchérit, déclarant : « On nous retire des acquis très importants, négociés il y a plusieurs dizaines d’années et qui nous avaient été octroyés au détriment d’une augmentation salariale« .

Les négociations entre les syndicats du TEC et la direction se poursuivent, normalement jusqu’à fin mars. Selon l’évolution de ces discussions, les syndicats pourraient organiser d’autres actions de grève dans les semaines à venir.

Pour sa part, la société de transport public reconnaît que le dialogue social n’est pas rompu. Elle anticipe déjà de « fortes perturbations » sur le réseau et recommande à ses utilisateurs de prévoir une alternative.