Grève des trains et bus du 26 au 30 janvier : attentes ?
Les perturbations sont attendues dès dimanche soir, 25 janvier à 22 heures. Depuis 2017, il y a toutefois un « service alternatif » en cas de grève, et la loi du 29 novembre 2017 oblige les membres du personnel à indiquer, au moins 72 heures avant le début de la grève, s’ils vont y participer.
**Quelles conséquences sur le rail ?**
Les perturbations sont anticipées dès dimanche soir, le 25 janvier à 22 heures. Leur ampleur reste encore incertaine, mais selon les syndicats, et en fonction des retours du terrain, il est prévu que le mouvement de grève soit largement suivi. « Je pense qu’il y a une adhésion assez importante au mouvement qui s’annonce », a déclaré Pierre Lejeune, président de la CGSP Cheminots, quelques jours avant le début de la grève.
En théorie, les actions de grève devraient être échelonnées au cours de la semaine entre les différents métiers du rail : les conducteurs un jour, les accompagnateurs un autre, le personnel des cabines de signalisation un autre, etc. « Pour que ça soit un peu plus supportable sur le plan financier pour les agents », a expliqué Pierre Lejeune. Cette organisation vise également à garantir une perturbation continue du réseau ferroviaire tout au long de la semaine. Cela dit, précise le leader de la CGSP Cheminots, « on couvre tout le monde » et donc, rien n’empêche, par exemple un accompagnateur, de se déclarer en grève un autre jour que celui prévu pour sa catégorie de personnel.
On peut s’attendre à de sérieuses perturbations.
**Un service alternatif**
Il convient de rappeler qu’il n’y a pas de service minimum pour le rail belge en cas de grève. Depuis 2017, il existe cependant un « service alternatif ». La loi du 29 novembre 2017 relative à la continuité du service de transport ferroviaire de personnes en cas de grève oblige les membres du personnel appartenant à des catégories professionnelles considérées comme essentielles à informer, au moins 72 heures avant le début de la grève, s’ils comptent y participer.
La SNCB et Infrabel sauront donc 72 heures avant la grève sur quel personnel elles pourront compter ou non. La loi de 2017 sur la continuité du service impose aux gestionnaires des chemins de fer de mettre en place un plan de transport adapté en fonction des moyens disponibles. 24 heures avant chaque jour de grève, démarrant le dimanche 25 janvier, la SNCB sera en mesure de communiquer l’offre de trains disponible.
Par conséquent, à l’occasion de la grève débutant dimanche 25 janvier, les usagers du rail devront consulter régulièrement les horaires des trains sur les écrans en gare, sur l’application mobile ou le site de la SNCB.
**Pourquoi les syndicats du rail organisent-ils cette semaine de grève ?**
Les syndicats du rail ont décidé d’organiser cette semaine de grève en réponse à la décision du gouvernement fédéral de mettre fin aux engagements statutaires à la SNCB et chez Infrabel.
Lors du conseil des ministres du 23 décembre 2025, le gouvernement de l’Arizona a approuvé un avant-projet de loi de « Modernisation de la gestion du personnel des chemins de fer belges ». Cette réforme vise, selon le ministre de la Mobilité, Jean-Luc Crucke (Les Engagés), à préparer la SNCB à la concurrence dans le transport des voyageurs d’ici 2032, conformément à la réglementation européenne. Selon Jean-Luc Crucke, « le modèle belge, fondé sur le recrutement statutaire généralisé, ne permet plus de répondre avec la souplesse nécessaire aux défis de demain ».
Les cheminots déjà nommés conserveront leur statut, mais la fin des engagements statutaires pour les nouveaux entrants est prévue pour juin 2026. HR Rail, qui gère actuellement les recrutements à la SNCB et chez Infrabel, verra son rôle évoluer vers celui d’un secrétariat social s’occupant des aspects juridiques et administratifs, tandis que la SNCB et Infrabel deviendront responsables de la gestion opérationnelle des ressources humaines.
Depuis l’annonce de cette réforme, les syndicats ont eu plusieurs discussions avec le ministre de la Mobilité dans le but de trouver des compromis. Les propositions qui ont été présentées ont été rejetées par les affiliés des différents syndicats. Du côté du ministre de la Mobilité et du gouvernement, on a averti que la mise en œuvre de la réforme continuerait.
Les syndicats expriment également leur colère à propos d’un autre sujet, à savoir la réforme des pensions. Ils s’opposent aux projets du gouvernement de l’Arizona de repousser l’âge de départ à la pension, particulièrement pour le personnel des chemins de fer. Les discussions avec le ministre des Pensions, Jan Jambon (N-VA), n’ont pas permis d’atteindre des compromis acceptables pour les syndicats et d’apaiser les tensions.
**Des perturbations attendues également au TEC**
La circulation en transports en commun risque d’être compliquée durant cette dernière semaine de janvier, et cela ne concerne pas uniquement les trains. Au sud du pays, le syndicat libéral avait déjà fait savoir qu’un préavis d’action serait déposé au TEC pour la semaine du 26 janvier.
Ce mercredi 21 janvier, les syndicats ont confirmé que des actions de grève seront menées en front commun sur l’ensemble du réseau TEC du lundi 26 janvier au vendredi 30 janvier. Le préavis de grève déposé est « à durée indéterminée » et n’exclut pas d’autres actions par la suite.
Les syndicats s’opposent aux mesures d’économies demandées par l’Opérateur de Transport de Wallonie (OTW), qui supervise le TEC en région wallonne. Selon les représentants des travailleurs, il s’agit notamment de mettre fin aux heures de chaleur et aux allocations pour maladies de longue durée, de revoir les horaires de travail et de diriger davantage de lignes vers des entreprises privées. Autant d’économies « qui ne sont envisagées QUE sur le dos des travailleurs », a déclaré Pascal Bailly, responsable CGSLB TEC wallon. Il prévient de « forts blocages » durant toute la semaine suivante. Son collègue Karl Di Stefano, secrétaire permanent CSC Services publics, partage cette opinion. « On nous retire des acquis très importants, négociés il y a plusieurs dizaines d’années et qui nous avaient été accordés au détriment d’une augmentation salariale », dénonce-t-il.
Les négociations entre les syndicats du TEC et la direction se poursuivent, en principe jusqu’à fin mars. Selon l’évolution de ces pourparlers, les syndicats pourraient organiser d’autres actions de grève dans les semaines à venir.
Pour sa part, la société de transport public admet que le dialogue social n’est absolument pas rompu. Elle prévoit déjà de « fortes perturbations » sur le réseau et recommande à ses usagers de chercher des alternatives.

