« Goodbye June » : première réalisation de Kate Winslet, un soir, un film.
Kate Winslet a réalisé son premier film, « Goodbye June », sur un scénario de son fils Joe Anders, écrit il y a trois ans. Le film traite de l’agonie d’une vieille dame de la middle class, après trois ans de lutte contre un cancer, entourée de sa famille, incluant son mari et ses trois filles.
Tout d’abord, il ne s’agit pas d’une comédie mais d’un drame, et il est audacieux d’avoir mis ce film en ligne un 24 décembre. Il s’agit de la première réalisation de l’actrice Kate Winslet, basée sur un scénario de Joe Anders, qui est son fils, âgé aujourd’hui de 22 ans, issu de sa relation avec le cinéaste Sam Mendes. Joe Anders a écrit ce scénario il y a trois ans, inspiré par la lutte de sa grand-mère contre le cancer, la mère de Kate Winslet, alors qu’il n’avait que 13 ans. Au départ, Kate devait simplement jouer dans le film, mais le scénario lui parlant si intimement, elle a décidé de le réaliser elle-même plutôt que de le confier à un autre réalisateur.
Le film aborde donc frontalement l’agonie d’une vieille dame de la classe moyenne, après trois ans de combat contre un cancer. Lors de ses derniers jours à l’hôpital, sa famille se réunit à son chevet. Auprès d’elle se trouvent son mari, son fils et ses trois filles, mais l’harmonie n’est pas au rendez-vous…
Le casting est remarquable. Dans le rôle de June, on retrouve l’immense Helen Mirren, qui avait pour principe de ne jamais accepter des rôles de mourantes, mais qui a fait exception en raison de son attachement au scénario. À ses côtés, son mari, le formidable Timothy Spall, qui semble vivre dans son monde, entouré de Guinness et de matchs de foot. Les trois filles sont également interprétées par de grandes actrices : Kate Winslet, bien sûr, dans le rôle de l’aînée, une workaholic débordée ; Andrea Riseborough, présente dans « La mort de Staline », qui joue sa sœur cadette, jalouse et revêche ; et enfin, l’Australienne Toni Collette, qui complète le trio dans le rôle d’une sœur perdue dans des expériences new age.
Une des grandes réussites du film réside dans le fait que cette réunion de talents est très cohérente. Aucune des actrices majeures ne tente de s’accaparer l’attention ; toutes se mettent au service du film. Il est clair que nous sommes dans une production anglaise : contrairement à Hollywood, où « Goodbye June » aurait rapidement glissé vers le mélodrame, ici, on privilégie une émotion contenue, parfois contrebalancée par un humour bienvenu.
Concernant la carrière de Kate Winslet, elle est à un tournant. Va-t-elle renouveler l’expérience en réalisant d’autres films ? L’avenir nous le dira. Ce qui est certain, c’est qu’à 50 ans, cette star, lauréate d’un Oscar en 2009 pour « The Reader », ressent de plus en plus le besoin de s’investir dans des projets très personnels.
Il y a deux ans, elle avait produit et porté à bout de bras le biopic sur la photographe de guerre Lee Miller. Tout comme ses consœurs Nicole Kidman ou Reese Witherspoon, Winslet sait que pour exister pleinement dans le monde du show-business anglo-saxon, resté très masculin, les actrices doivent devenir productrices et initier elles-mêmes des films ou des séries, et heureusement, le succès est souvent au rendez-vous.

