Belgique

Gilles Verstraeten (N-VA) : « Bruxelles n’avait pas besoin d’un gouvernement spécifique »

Le nouveau ministre-président bruxellois Boris Dilliès ne semble pas convaincre l’opposition flamande, menée par la N-VA. Gilles Verstraeten, chef de groupe N-VA au Parlement bruxellois, a déclaré que l’accord conclu en trois jours après plus de 600 jours de crise n’est vraiment pas à la hauteur des besoins de Bruxelles.


Bien déterminé à « mettre de l’ordre » dans les affaires, le nouveau ministre-président bruxellois, Boris Dilliès, ne parvient pas à convaincre l’opposition flamande, dirigée par la N-VA. Gilles Verstraeten, chef de groupe N-VA au Parlement bruxellois, déclare : « Bruxelles avait besoin d’un gouvernement mais pas n’importe quel gouvernement. La question devrait être : pour faire quoi ? Avec quel programme ? Quelles réformes ? À ce niveau-là, je trouve que l’accord conclu en trois jours après plus de 600 jours de crise n’est vraiment pas à la hauteur des besoins de Bruxelles. »

Le député énumère les crises touchant la capitale : « crise du logement, de l’emploi, financière, budgétaire, politique, de la drogue, du sans-abrisme, la sécurité, la propreté, et là nous avons un accord de 24 pages qui n’est pas à la hauteur. »

J’entends déjà de la part de collègues de la majorité que les tableaux budgétaires ne sont pas réalistes

Le gouvernement s’est constitué autour d’un objectif commun et ambitieux d’un milliard d’euros d’économies, un montant supérieur à celui prévu par la Wallonie ou la Fédération Wallonie-Bruxelles. « C’est très facile de promettre un milliard d’économies, c’est de la politique politicienne. Le plus important, c’est de dire comment on va le faire. Et là, j’entends déjà des collègues de la majorité dire que les tableaux budgétaires ne sont pas réalistes, qu’il y a beaucoup de vent. Plusieurs partis sont assez fâchés de la manière dont s’est déroulée cette négociation, car ce n’en était pas vraiment une, c’était un accord vite fait entre messieurs Bouchez, Laaouej et De Gucht qui a été imposé aux autres partis. J’entends des échos d’autres partis de la majorité dire qu’on ne va pas beaucoup aider Monsieur De Smedt à atteindre le milliard d’euros d’économies. »

Pour réaliser cette économie, la majorité a décidé de ne plus remplacer les départs à la retraite des fonctionnaires bruxellois, sans procéder à des licenciements. « Ils précisent aussi que le nombre de fonctionnaires ne pourra plus augmenter, sauf pour les opérationnels. Or, c’est la grande masse ! » s’exclame Gilles Verstraeten. « Donc quand je lis ça avec des lunettes du PS, je me dis ‘encore plus de fonctionnaires ! On va dépenser plus d’argent’, donc quand on me dit qu’on va réaliser un milliard d’euros d’économies, je pense que c’est farfelu. C’est comme Monsieur Gatz qui annonçait qu’on serait à l’équilibre en 2024, on a vu les résultats : 5 milliards d’euros de déficit. »

« We zullen zien » : un manque de respect pour les Néerlandophones de Bruxelles selon la N-VA

À peine nommé ministre-président, Boris Dilliès, 53 ans, a maladroitement répondu aux interrogations des médias flamands sur ses priorités pour la législature. Hésitant, il a déclaré « we zullen zien » (nous allons voir, note de la rédaction), une réponse qui n’a pas convaincu. Du côté flamand, tant la presse que la classe politique ont critiqué le niveau de néerlandais du nouveau ministre-président.

« Cela me rend triste » déplore Gilles Verstraeten. « On pouvait dire beaucoup de choses sur Monsieur Vervoort (ancien ministre-président bruxellois, note de la rédaction), il était par exemple assez absent pendant les crises, mais c’était un vrai « ketje » (enfant de Bruxelles, note de la rédaction), il était parfaitement bilingue. Même Monsieur Clerfayt, ministre de Défi, donc ancien du FDF qui n’était pas toujours agréable envers les Néerlandophones ou les Flamands de Bruxelles, est parfaitement bilingue. »

Le bilinguisme doit-il alors devenir un critère pour diriger Bruxelles ? « Ce n’est pas un critère légalement, mais c’est une question de respect envers tous les habitants de cette région, de la capitale du pays qui est officiellement bilingue. Monsieur Dilliès était un bon bourgmestre, là n’est pas le débat, c’était un bon gestionnaire je crois, mais je constate qu’il a été bourgmestre pendant 20 ans » (en réalité 8 ans et 8 mois, note de la rédaction) d’une commune officiellement bilingue, Uccle, où il y a des néerlandophones, et qui dit qu’il n’a jamais eu l’utilité du néerlandais, c’est quand même un manque de respect.«