Giani Sabia parle de Lemon Straw : ‘J’aime partager mes histoires’
Lemon Straw, formé à la fin des années 2000, se situe entre pop lumineuse et introspection acoustique feutrée. Giani Sabia évoque son père ayant repris un piano-bar, ce qui a été décisif dans son parcours musical.
Il existe chez Lemon Straw une rare fidélité, tant sur le plan musical qu’humain. Depuis ses débuts à la fin des années 2000, le groupe évolue avec délicatesse entre une pop lumineuse et une introspection acoustique.
Au cœur du projet se trouve une voix et une plume : celle de Giani Sabia. Eloigné de son Borinage natal, il affine ses premières compositions entre Londres et New York. Cette errance formatrice, presque initiatique, infuse encore aujourd’hui l’ADN du groupe : « Après avoir travaillé à l’usine pendant des années, j’ai eu besoin d’une coupure, d’une véritable coupure, et sortir de tout ce que je connaissais. Je suis donc parti en Angleterre, à Londres, car j’ai une partie de ma famille qui y a immigré. Puis j’ai voulu partir encore plus loin, à New York, car je trouvais qu’à Londres… On parlait un peu trop français pour moi (rires). Et j’y ai vécu des choses extraordinaires. Ce groupe, Lemon Straw, c’est un hommage à John Lennon oui… Mais le ‘Straw’ est venu naturellement au travers de ce que j’ai pu vivre pendant ces années-là justement. »
S’inspirant des grandes formations anglo-saxonnes telles que les Beatles, Genesis ou The Police, l’autodidacte Giani Sabia n’a jamais cessé de faire vibrer ses guitares. Malgré ses racines belges, il se tourne vers une pop anglo-saxonne affirmée, dans laquelle la mélodie prime et l’émotion reste authentique.
Cette vision musicale ne le quitte jamais vraiment : « Ce que j’aime, c’est partager mes histoires. En tant qu’auteur-compositeur, lorsque j’écris une chanson je suis complètement seul, à nu. Donc, quand on peut la jouer devant des gens, ça me tient à cœur d’en raconter l’histoire. Je n’invente rien, je ne suis pas un poète. Je raconte des bouts d’histoire de ma vie mais, mes bouts d’histoires peuvent aussi être les vôtres. Et j’adore partager ce genre de choses. »
Les voyages sont souvent évoqués comme sources d’inspiration. Pour Giani Sabia, leur impact est indéniable, mais il ne raconte pas tout. Ses débuts musicaux sont également ancrés dans son environnement familial, où les passions de ses parents ont façonné sa vision artistique. « Le premier souvenir que j’ai de l’Italie en musique… Ça restera toujours cette image de ma mère qui acheta cette cassette bleue d’Eros Ramazzotti. Puis, l’italien est chantant ! Ma mère fredonnait tout le temps et sans s’en rendre compte », partage-t-il.
Si ces souvenirs musicaux évoquent son héritage italien, c’est à Mons que la musique de Giani Sabia commence à se dessiner réellement, bien avant la création de Lemon Straw. Son père, ouvrier, prend une décision décisive en reprenant un piano-bar de la région. « C’était complètement improbable (rires). Mais mon père a compris que juste penser à la survie, à force, ça devenait limite. Il a décidé de tenter autre chose et c’est à ce moment-là qu’il a repris ce piano-bar. C’est là que j’ai découvert cette ambiance singulière, la musique, etc. À l’époque, il y avait beaucoup de jazz, mais autant que de chansons françaises finalement. »
Cette histoire inspirera d’ailleurs ses morceaux, comme en témoigne « Home », issu du dernier album du groupe, sorti l’année dernière.
Des concerts presque soldout.

