Georges Dallemagne: « On ne peut pas applaudir Zelensky un jour et ne pas agir le lendemain »

« Il doit y avoir un avant et un après discours du président ukrainien, on ne peut pas faire que l’écouter gentiment, l’applaudir et ne pas agir. Nous avons une part de responsabilité », a lancé le député belge sur DH Radio ce matin, au lendemain de la prise de parole de Zelensky dans l’hémicycle belge.

Georges Dallemagne a plaidé pour de nouvelles sanctions de la part de notre pays, dans des domaines cités par le président ukrainien dans son discours.

« Jusqu’à présent, nous avons pris des sanctions qui ne nous coûtaient pas grand-chose sur le plan économique », a expliqué le député. « Il faut rappeler que 3/4 des produits russes échangés vers la Belgique ce sont les hydrocarbures, le gaz et les diamants. Je pense que c’est dans ces domaines-là qu’il faut agir maintenant ».

Et de poursuivre en rappelant l’urgence de la situation. « Ce qui est en jeu, c’est la fin de la tyrannie russe sur l’Ukraine, la fin du bain de sang, du massacre qui a lieu. C’est aussi la sécurité de l’Europe qui est en jeu, ce sont nos libertés qui sont en danger. S’il faut faire un peu mal à notre économie pour défendre cela, il faut le faire », estime-t-il.

« Nous avons d’abord abandonné l’Ukraine »

Déçu de la réaction du Premier ministre Alexander De Croo, qui n’a pas embrayé sur certaines demandes de Volodymyr Zelensky? Le député botte en touche. « Au-delà des acclamations d’hier, il faut prendre la mesure du fait que nous n’arrivons pas à arrêter l’offensive. Des mesures supplémentaires sont importantes », se contente-t-il de dire.

Mais il n’oublie pas de rappeler que notre pays a agi tardivement. « Nous avons d’abord abandonné l’Ukraine, nous avons réagi très tard. Il a fallu attendre que ce conflit devienne aussi sanglant pour avoir une réaction ».

Investir dans la Défense

Interrogé par Maxime Binet sur l’état de notre armée, Georges Dallemagne n’a pas mâché ses mots. « On est les derniers de la classe de l’OTAN, on n’est pas à la hauteur des enjeux. Nos investissements dans la Défense, cela représente, si on enlève les pensions des militaires, 0,8% de notre budget, alors que l’on devrait être à 2%. On a une armée en grande détresse aujourd’hui ».

Il rappelle par exemple ce cas emblématique de l’évolution de notre Défense, avec le contrat pour une trentaine d’avions F-35, qualifié de « contrat du siècle ».

« On a divisé par trois le nombre d’avions de chasse dont nous disposerons à l’avenir, après ce contrat. C’est symbolique du désinvestissement dans nos forces armées ».

Pour conclure, l’ex-cdH appelle à une plus grande coopération militaire au sein de l’Europe. « Notre armée doit être intégrée dans une Défense européenne. Car nous avons dû dépendre, avec la crise en Ukraine, des États-Unis. Ils ont 100.000 hommes déployés sur le continent, nous en avons envoyé 500 à la frontière avec l’Ukraine. Il est temps que nous assurions la sécurité du continent européen. Si l’Ukraine rentre dans l’Union européenne, il faudra que nous puissions assurer sa défense. Voilà un enjeu très concret pour demain ».