Génocide au Rwanda : Charles Michel évoque l’avenir des relations UE-Afrique avec le président Kagame

Belgique

Le Premier ministre belge Charles Michel a clôturé lundi une visite officielle de 48 heures au Rwanda par un entretien avec le président Paul Kagame, axé notamment sur les futures relations entre l’Europe et l’Afrique, un continent prometteur, mais secoué par des crises multiples et à la démographie galopante.

Cet entretien de près de 45 minutes s’est déroulé au centre de conventions de Kigali, le KCC, emblème de la modernité de la capitale rwandaise et du renouveau du pays en 25 ans, peu avant une conférence de presse du chef de l’État devant des journalistes rwandais et internationaux.

Dans l’avion qui le ramenait à Bruxelles, M. Michel s’est montré discret sur cette dernière rencontre avec M. Kagame, qui l’avait, à la surprise de la délégation belge, accueilli personnellement samedi soir à sa descente d’avion à Kigali. Il est vrai qu’il était le seul dirigeant européen à faire le déplacement, à l’exception du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

Les deux hommes ont aussi participé dimanche côté à côte, en tenue relax, à une marche dans Kigali et à une cérémonie commémorative du début du génocide de 1994 – au moins 800.00 morts selon l’ONU, au moins un million selon les autorités rwandaises – organisée au stade Amahoro (paix en kinyarwanda, la langue nationale).

M. Michel a assuré devant quelques journalistes que les relations entre Kigali et la Belgique, ancienne puissance tutélaire du Rwanda de 1919 à l’indépendance en 1962, étaient désormais « stables » et « prévisibles », après avoir souvent été en dents de scie.

Le Conseil des ministres a également approuvé vendredi dernier un nouveau programme de coopération belgo-rwandais agréé par les deux parties. D’un montant de 40 millions par an, il court jusqu’en 2023 et mise sur un meilleur accès à la santé et aux droits sexuels et reproductifs. L’amélioration des chaînes de valeur dans l’agriculture, la commercialisation de produits agricoles et l’urbanisation durable sont aussi des thèmes importants. Une troisième priorité est la gestion des finances publiques.

La Belgique est le cinquième bailleur bilatéral au Rwanda après les États-Unis, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et l’Allemagne. Le programme de coopération actuel avec le Rwanda prévoit au total 24 millions d’euros par an – contre 40 millions annuels pour l’ancien.

Grâce à la récente réforme de l’agence belge de coopération, rebaptisée Enabel, des projets pourront être menés de manière « plus flexible » et en collaboration avec le secteur privé, a expliqué M. Michel.

En tant qu’ancien ministre de la Coopération au développement, il s’est, de manière plus générale, une nouvelle fois déclaré favorable à la concrétisation d’un « New Deal » entre l’Europe et l’Afrique. « Il est temps de passer à l’acte en terme de développement durable, en partenariat avec l’Afrique pour favoriser la croissance » économique qui doit accompagner la croissance démographique, a-t-il dit.

Il a plaidé pour la mise sur pied d’un fonds d’investissement pour le continent à l’image du « plan Juncker » pour des investissements au sein de l’Union européenne.

« Une stratégique qui dépasse la coopération au développement » classique, a résumé le chef de gouvernement démissionnaire.

Selon M. Michel, le financement de ce fonds pourrait être amorcé par des fonds provenant de la coopération au développement. Mais il faut aussi améliorer en Afrique la sécurité juridique et la protection des investissements, a-t-il souligné.