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Gaza : un collaborateur de l’AFP et deux journalistes tués par une frappe israélienne.

La frappe a eu lieu dans le secteur d’al-Zahra, faisant trois journalistes tués, dont Abdoul Raouf Shaath, âgé de 34 ans, qui avait collaboré régulièrement avec l’AFP depuis début 2024. Selon le ministère de la Santé de Gaza, huit autres Palestiniens ont été tués mercredi dans des frappes israéliennes.


La frappe a eu lieu dans le secteur d’al-Zahra et a entraîné la mort de trois journalistes, selon un communiqué de la Défense civile, une organisation de secours sous le contrôle du mouvement islamiste palestinien Hamas.

Les trois journalistes ont été identifiés comme Anas Ghneim, Mohammed Salah et Abdoul Raouf Shaath (aussi orthographié Shaat). Ce dernier, âgé de 34 ans et reporter indépendant, collaborait régulièrement avec l’AFP depuis le début de l’évacuation des journalistes employés par l’agence à Gaza en janvier 2024.

L’AFP « exige une enquête complète et transparente sur les circonstances de sa mort », soulignant que « trop de journalistes locaux ont été tués à Gaza au cours des deux dernières années, tandis que l’accès libre pour les journalistes étrangers demeure impossible. »

Une trêve fragile est en place depuis le 10 octobre à Gaza entre Israël et le Hamas, les deux parties s’accusant mutuellement de violations.

Selon le ministère de la Santé de Gaza, sous l’autorité du Hamas, huit autres Palestiniens ont été tués mercredi lors de frappes israéliennes.

Concernant la frappe ayant tué le collaborateur de l’AFP, l’armée israélienne a déclaré avoir identifié « plusieurs suspects qui opéraient un drone affilié au Hamas dans le centre de la bande de Gaza », sans fournir de détails supplémentaires sur cette prétendue affiliation.

Les forces israéliennes « ont frappé avec précision les suspects qui l’avaient activé », a ajouté l’armée, précisant que les circonstances de l’incident faisaient l’objet d’un « examen ».

Sur les lieux de l’attaque, un témoin a rapporté à l’AFP que les journalistes utilisaient un drone pour filmer une distribution d’aide humanitaire organisée par le Comité égyptien de secours, lorsqu’un véhicule qui les accompagnait a été touché.

« Cette zone est considérée comme sûre et humanitaire », a déclaré un autre témoin, Mahmoud Azzam, interviewé par l’AFP près du site de la frappe, où des hommes portant des gilets avec le logo du Comité égyptien de secours fouillaient une voiture calcinée.

Abdoul Raouf Shaath n’était pas en mission pour l’AFP au moment de la frappe. Son dernier reportage pour l’agence avait été publié lundi.

À l’hôpital Nasser de Khan Younès, où les corps des journalistes ont été amenés, de nombreuses personnes sont venues rendre hommage.

Le Syndicat des journalistes palestiniens a condamné « avec la plus grande fermeté » cette attaque, dénonçant une « politique systématique et délibérée » d’Israël pour « cibler intentionnellement les journalistes palestiniens ».

« Cette frappe isolée sur des journalistes identifiables par leurs équipements de reportage pourrait indiquer un ciblage et constituer un crime de guerre », a déclaré Martin Roux, responsable du desk Crises de Reporters sans frontières (RSF).

« Cette attaque rappelle avec force les dangers immenses auxquels les journalistes, comme les autres civils, continuent d’être exposés, même pendant le cessez-le-feu en cours », a souligné le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

Le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007, a dénoncé un « crime de guerre ».

La trêve fragile à Gaza, premier pas du plan de Donald Trump visant à mettre fin à la guerre, est ponctuée de tirs quotidiens, et la situation humanitaire reste critique.

Près de 470 Palestiniens ont été tués depuis le début de la trêve, selon le ministère de la Santé de Gaza. L’armée israélienne a pour sa part signalé la mort de trois soldats depuis le début de la trêve.

RSF indique que « près de 220 journalistes ont été tués à Gaza par l’armée israélienne depuis le début de son offensive il y a plus de deux ans, dont au moins 71 ont été ciblés ou tués dans l’exercice de leur travail. »

L’armée israélienne affirme que de nombreux professionnels de la presse qu’elle a reconnus comme des cibles étaient « des terroristes » membres de la branche armée du Hamas ou d’autres groupes armés palestiniens.