« Gardez ça pour les jeunes »: Suzanne, 90 ans, décède du coronavirus après avoir refusé un respirateur

Suzanne Hoylaerts est décédée samedi dernier à l’âge de 90 ans. Contaminée par le coronavirus, elle a refusé d’être placée sous respirateur.

Il y a quinze jours, l’état de santé de cette habitante de Lubbeek, dans le Brabant flamand, a commencé à légèrement se dégrader. Elle avait perdu l’appétit, se sentait essoufflée mais n’avait ni toux, ni fièvre. Sa fille Judith l’a tout de même emmenée chez le médecin. « Elle avait eu une pneumonie dans le passé et avait été admise à l’hôpital à cette époque l’année dernière. Nous voulions donc éviter cela« , a raconté la fille de Mme Hoylaerts à Het Laatste Nieuws, quelques jours après le décès de sa mère.

Envoyée à l’hôpital par son médecin traitant car sa saturation en oxygène était trop basse, Suzanne s’est retrouvée seule aux urgences, sa fille n’étant pas autorisée à l’accompagner en raison des mesures de sécurité liées au coronavirus. « Tu ne dois pas pleurer. Tu as fait tout ce que tu as pu. J’ai eu une belle vie », sont les derniers mots que Judith a entendu de la bouche de sa maman.

En contact téléphonique régulier avec le personnel soignant de l’hôpital, la fille de Suzanne a appris que sa mère avait contracté le coronavirus. Elle est finalement décédée le 21 mars dernier, soit le lendemain de son admission à l’hôpital.

« Les médecins m’ont dit qu’elle avait refusé qu’on la place sous respirateur« , a témoigné Judith. « Puisque j’ai choppé cette ‘bébête’, je ne veux pas de respiration artificielle. Gardez cela pour les plus jeunes. J’ai déjà eu une belle vie », aurait dit sa maman aux médecins. Ce qui n’a pas étonné sa fille: « C’est notre maman tout craché: toujours prête à aider les autres”.

Pour la famille Hoylaerts, le mystère reste entier quant à savoir comment Suzanne a été contaminée par le Covid-19.  » Ma mère prenait les mesures de restriction très au sérieux. […] Quand je l’ai emmenée à l’hôpital vendredi, nous pensions qu’elle avait une légère pneumonie« , a encore expliqué sa Judith, surtout attristée par le fait de ne pas avoir pu accompagner sa maman jusqu’au bout:  » Je n’ai pas pu lui dire au revoir et je n’ai même pas le droit d’être présente à son enterrement« .