Fuite de gaz à Mons : indemnisations pour les sinistrés ?
Le plan d’urgence communal a été levé à Mons, huit jours après la panne de gaz qui a touché 25.000 personnes (12.000 foyers). « Il y a eu beaucoup de gentillesse, beaucoup de patience, beaucoup de compréhension » à l’égard des techniciens d’Orès, selon le patron de la société.
Le plan d’urgence communal a été levé à Mons, huit jours après la panne de gaz ayant affecté 25 000 personnes, soit 12 000 foyers. Les autorités se penchent désormais sur un bilan et les indemnisations pour les habitants et commerçants touchés par cet incident de grande ampleur en plein hiver. « On reste vigilant quant à la manière avec laquelle les dossiers vont être traités », a indiqué le bourgmestre de Mons, Nicolas Martin.
Les pertes financières liées à cette panne ont été conséquentes pour certains Montois, comme Cédric Manrique Murcia, gérant de snack, qui prévoit d’ouvrir un dossier d’indemnisation ce vendredi : « Les pertes, oui, c’est colossal parce que les fromages, les viandes, tout ça, ça a été perdu. Si vous faites une moyenne entre 2 000 et 2 500 euros de recettes par jour, les jours corrects, je pense que c’est vraiment plusieurs milliers d’euros. »
Depuis le début de la panne, Cédric s’est renseigné : « Depuis qu’il y a la panne, je suis les réseaux sociaux, je regarde les différents journaux télévisés et tout ce qui s’ensuit. Effectivement, Ores a mis à disposition sur son site un encart où on peut demander les indemnisations, chose que nous allons faire dès demain. On espère que ce soit assez conséquent parce que, bon, voilà, presque une semaine sans travail, c’est un coût. » Cependant, il craint que l’indemnisation ne soit pas à la hauteur de la perte subie : « Oui, j’ai un peu peur parce qu’on ne sait vraiment pas vers quoi on va. J’ai hâte de remplir ce formulaire. On verra bien. »
Les particuliers ont également souffert de cette panne, achétant des radiateurs ou séjournant à l’hôtel. Beaucoup doivent maintenant contacter leur chauffagiste car leur chaudière ne démarre plus. « Certaines chaudières vont tomber en panne », a admis le bourgmestre. « Ce qui compte pour nous, c’est de pouvoir rester aux côtés des citoyens concernés, à la fois pour leur offrir des possibilités, soit de nuitée d’hôtel, soit des chaufferettes s’ils souhaitent rester à domicile. »
Philippe Ringuet, délégué commercial d’une société de chauffage, a expliqué que plusieurs interventions ont eu lieu chaque jour dans la région montoise. « Il faut vraiment une intervention humaine pour annuler les alarmes des appareils qui ont subi ce genre de coupure. » Le coût de cette intervention est d’environ une centaine d’euros, pouvant atteindre près de 1 000 euros dans certains cas. « L’électrovanne et le circuit imprimé ont été endommagés quand les techniciens d’Orès ont tenté de relancer la chaudière », a témoigné un anonyme. « Nous allons en avoir pour 730 euros pour les pièces. Avec le déplacement et la main-d’œuvre, le total se monte à 1 217 euros TVAC ! »
Ores a mis à jour un lien vers le formulaire d’indemnisation, mais des questions persistent quant au montant et à la responsabilité de l’entreprise. Fernand Grifnée, l’administrateur délégué d’Ores, a déclaré : « Nous avons mobilisé notre compagnie d’assurances. Nous sommes assurés bien évidemment pour ce genre de choses. […] Je suis prudent par rapport à la responsabilité d’Ores, on verra. »
Le patron d’Ores a évoqué la possibilité de procédures judiciaires pour statuer sur la responsabilité. « Il y a des règles de responsabilité civile qui existent, et ce n’est pas à moi de la décider. Je fais confiance aux gens pour être très imaginatifs sur ce qu’ils vont nous réclamer. » Ces démarches pourraient prendre de nombreux mois. « Oui, on ne va pas raconter que ces histoires vont se régler rapidement », a-t-il conclu, tout en soulignant la compréhension et la patience des Montois envers ses techniciens.

