Froid, averses, orages: comment expliquer la météo capricieuse de ce mois de mai? (Mise à jour)


Bien que la météo de ce mois de mai ne nous apparaisse pas très printanière, avec aujourd’hui encore des averses locales et des températures maximales comprises entre 10 et 16 degrés, l’IRM ne s’attend pas, à la fin du printemps, à voir des différences significatives avec les normales de saison.  » Sur le printemps 2021, la température moyenne provisoire est de 8,1 degrés pour une normale de 10,5 degrés. Effectivement, on est en dessous de cette valeur, donc il s’agit d’une valeur déficitaire pour le moment, mais c’est provisoire car le printemps n’est pas terminé. En météorologie, il se termine le 31 mai.« , explique Zacharie Blairon, climatologue à l’IRM. Les températures devraient normalement avoir une tendance à la hausse d’ici les prochaines semaines, entraînant avec elles cette moyenne.

Selon l’expert, cette moyenne provisoire de 8,1 degrés n’est pas « exceptionnelle » : « Il ne faut remonter qu’à 2013 pour trouver une température printanière moyenne de 7,7 degrés. C’était encore moins exceptionnel dans le passé. Au XXème siècle, il y a eu à plusieurs reprises des valeurs autour de 7 degrés en moyenne lors du printemps. » Toujours dans les moyennes provisoires observées par l’IRM, les précipitations sont elles aussi pour le moment légèrement déficitaires. Mais, « ce sont les données d’une seule station de référence qui est à Uccle, et pour l’instant on connaît des orages et des averses localement fortes, mais qui ne passent pas forcément par Uccle« , rebondit le climatologue.

Pourquoi une telle météo ?

Cette fraîcheur, ces averses locales et ces épisodes orageux qui enveloppent notre pays depuis le début du mois sont liés à la synoptique actuelle, c’est-à-dire la situation des dépressions (zones de basses pressions atmosphériques) et des anticyclones (zones de hautes pressions), synonymes respectivement de mauvais et de bons temps. Zacharie Blairon détaille ainsi : « Pour le moment, on est dans un flux relativement frais et humide en provenance du nord de l’Atlantique, dans une sorte de situation de blocage. Parfois, on peut avoir un blocage anticyclonique donc dans ce cas-là les dépressions sont bloquées sur l’océan, et donc n’atteignent pas nos régions. Dans ce cas-ci, c’est l’inverse. Les basses pressions, synonymes de dépressions, n’ont aucun mal à traverser nos régions et à transiter sur l’Europe de l’Ouest, c’est ce qui nous amène ce temps frais et humide« .

Sa collègue météorologue, Sarah Coppens, avance quant à elle prudemment  » qu’il se pourrait que dans la seconde partie de la semaine prochaine, on ait enfin un changement de type de temps vers un temps plus sec, plus lumineux avec des températures plus proches des valeurs de saison. » C’est le signal à présent visible dans les spectres de prévisions, mais il s’agit bien d’une tendance qui se confirmera ou pas…« Il n’est pas dit que le blocage soit terminé et qu’on ne retrouve pas dans le courant du mois de juin des situations à nouveau plus humides », avertit le climatologue de l’IRM.