Belgique

Fréquentation des musées bruxellois en baisse en 2025 : nécessité d’une vision politique.

« Pendant tout le premier semestre, il y a eu une baisse quand même de 5 à 6%. » « Il faudrait que l’on ait une vision claire au niveau politique. »

Fréquentation des musées à Bruxelles : une baisse inquiétante

« Honnêtement, on s’attendait à une baisse bien plus forte que ces 2% pour 2025 », déclare Julien Staszewski, directeur de la fédération des musées bruxellois, Brussels Museums. « Pendant tout le premier semestre, il y a eu une baisse quand même de 5 à 6%. Les chiffres sont remontés pendant l’été puis ça a rechuté en toute fin d’année », précise-t-il.

Les musées du centre-ville sont les plus touchés

La diminution de la fréquentation des musées a été plus marquée dans le centre de Bruxelles et dans la majorité des grands musées (AfricaMuseum, Musée de la BD, Choco-Story, Musée de la Ville de Bruxelles, Musée des Instruments de Musique, Musées Royaux des Beaux-Arts, Institut des Sciences Naturelles, etc.), à l’exception du Musée royal de l’Armée avec son exposition virtuelle sur Napoléon, de l’Hôtel de Ville et des Musées royaux d’Art et d’Histoire (Cinquantenaire) qui ont ouvert de nouvelles salles.

Chaque musée peut avoir sa propre raison pour expliquer cette baisse de fréquentation. Cependant, le directeur de la fédération des musées bruxellois note certaines tendances : « Il y a eu beaucoup de travaux pour arriver à Bruxelles, et aussi au centre-ville où sont installés beaucoup de musées. Il y a eu aussi un recul des dépenses des visiteurs dans les musées. On n’achète plus forcément le guide, la carte, le petit accessoire que l’on se permettait avant la baisse du pouvoir d’achat. Et, mine de rien, ce sont des choses qui font de l’argent qui entre dans les caisses des musées ».

D’ailleurs, en 2025, les grandes expositions dans les musées bruxellois ont été moins nombreuses qu’en 2024 : « Ces événements attirent du public, le font venir à Bruxelles. Et ce sont aussi des Bruxellois qui redécouvrent leur ville ». Cela fait aussi circuler l’économie.

Le contre-exemple des musées de niche

Tous les musées ne doivent pas proposer de grandes expositions. Certains, comme le musée Art et marges (spécialisé en art brut dans le centre-ville), réalisent leur meilleur taux de fréquentation avec des artistes émergents. « L’artiste français Michel Goyon a été un vrai coup de cœur du public en 2025, l’expo a eu beaucoup de succès », explique Tatiana Veress, directrice du musée Art et Marges à Bruxelles. « Cette expo de Michel Goyon est sa première expo grand public, c’est celle qui l’a fait découvrir. Notre spécificité, c’est de faire découvrir des artistes de l’ombre ».

Le niveau de fréquentation des musées bruxellois en 2026 reste une incertitude

De manière générale, pour Julien Staszewski, 2026 est une année qui présente une véritable incertitude, avec un gel des engagements et de la programmation des expositions. Dans certains musées, des expositions sont retardées car l’on ne sait pas avec quel budget il faudra composer dans les années à venir. Il n’est pas non plus risqué d’être trop ambitieux en imaginant de grandes expositions. « Il faudrait que l’on ait une vision claire au niveau politique », insiste le directeur de la fédération des musées bruxellois. « Il faudrait aussi que l’on véhicule une image plus positive de la Région bruxelloise, car cela a un impact sur les fréquentations. Je pense que la formation d’un gouvernement aidera en ce sens ».

Les musées sont également amenés à se réinventer, notamment en constatant une augmentation du public jeune (15-25 ans) qui pousse leurs portes. Pour éviter une image parfois un peu « poussiéreuse », la fédération des musées bruxellois propose des événements tels que Museum Night Fever ou les Nocturnes des musées.

« Pour les Nocturnes qui arrivent au mois de mars, nous allons tester des nouveaux concepts », révèle Julien Staszewski. « On pourra dormir au musée, manger au musée, faire des jeux de société au musée, danser au musée ». De quoi faire vivre les collections d’une manière différente.