Escroquerie dans le milieu des gens du voyage: l’ONU se pose la question d’une « disproportion » de l’opération

Belgique

L’ONU interpelle l’Etat belge sur la possible « disproportion » de l’opération judiciaire menée le 7 mai dernier chez les gens du voyage, qui a mené à l’inculpation de plus de quarante personnes et au placement sous mandat d’arrêt d’une trentaine d’autres, rapporte Le Soir jeudi. Un courrier du Rapporteur spécial des Nations unies sur les droits des minorités a été adressé début juin au ministère belge des Affaires étrangères au sujet de cette plus grande opération judiciaire au cours des 20 dernières années en Belgique.

1.200 policiers fédéraux et locaux, aidés de gendarmes français et d’agents d’Europol, avaient alors procédé à plus de 200 perquisitions en Belgique, principalement sur des lieux de vie de quelques familles de gens du voyage belges. Les personnes concernées sont toutes suspectées d’escroquerie à grande échelle.

Dans son courrier, le Représentant spécial questionne les mesures prises par la justice en marge de l’opération, et non pas la gravité des faits allégués.

Selon les informations du Soir, le Représentant spécial de l’ONU a reçu fin mai une réclamation d’un avocat belge qui défend des familles de gens du voyage impactées indirectement par les mesures coercitives de la Justice.

« Genève demande une réaction de l’Etat belge suite à une plainte qui lui a été adressée », confirme Karl Lagatie, porte-parole du ministère. « La procédure prévoit que la Belgique a 60 jours pour répondre. Pendant ce temps, la procédure est confidentielle. Les Affaires étrangères coordonnent la réponse avec les parties concernées : l’Intérieur, la Justice et la Cellule égalité des chances ».