Epstein files : la RTBF prononce « Epstiinne » et non « Epchteine ».
Depuis le début de l’année 2026, le milliardaire Jeffrey Epstein est au centre des discussions suite à la libération des « Epstein files ». Le directeur de l’information Jean-Pierre Jacqmin a affirmé que la consigne pour la prononciation du nom est « Epstinne », tout en reconnaissant que « Epchteïne » pourrait également être admis.
Avec la publication des « Epstein files », le milliardaire jet-setter et pédocriminel Jeffrey Epstein fait à nouveau parler de lui depuis le début de l’année 2026. Cette affaire implique également les nombreuses personnalités mentionnées dans le vaste dossier constitué par la justice américaine, rendu partiellement public depuis la fin décembre.
Au-delà du fond de l’information, des critiques émergent depuis plusieurs semaines concernant la manière dont on prononce le nom du principal intéressé. Faut-il dire Jeffrey Epstein, « Epstinne » ou « Epchteïne » ? Sur le site et l’application de RTBF actu, il n’y a pas de problème : on écrit Epstein et tout le monde comprend. Cependant, la question se pose pour les émissions de radio et de télévision. Dans un même journal radio matinal, les deux prononciations ont été entendues en juillet dernier. La présentatrice annonçait « Epchteïne », tandis que dans le sujet, on entendait « Ep-stiinne ».
Cette disparité provient notamment d’un sujet réalisé par des confrères de Radio France, qui privilégiaient la prononciation « Ep-stiinne » depuis longtemps. Mais avaient-ils raison ?
La question de la prononciation n’est pas simple. La différence de prononciation selon les régions du monde soulève des interrogations. Si Jeffrey Epstein était un Allemand vivant en Europe, il serait logique de prononcer « Epchteine », comme « Einchtein ».
Néanmoins, le financier et sa famille prononçaient leur nom « Epstiiinne », comme s’il s’écrivait « epsteen » en anglais, avec un « i » plus long qu’en français. C’était également le cas pour le producteur Harvey Weinstein, dont le nom se prononce « Waïne-stiine » aux États-Unis. Dans ce contexte, il est courant d’angliciser sa prononciation, bien que les Américains utilisent aussi « Einchteïne » et « Bernchteïne ».
Cette adaptation phonétique est ancienne, comme l’illustre un article du New York Times de 1983 sur un « incident diplomatique » entre un porte-parole de la Maison Blanche et un conseiller de Ronald Reagan, le professeur Martin Feldstein. Il avait souhaité être appelé « Feldchteine », tandis que la prononciation « Feldstiiine » prévalait. John Algeo, professeur d’anglais, notait que des modifications phonétiques observées en yiddish, sous l’influence de l’anglais américain, entraînaient de telles transformations.
Cependant, il existe des exceptions : lorsque le nom est simplement « Stein », il est toujours prononcé « Schteïne », et certaines personnalités, par tradition ou par choix, préfèrent la prononciation « chteïne » à l’allemande. C’était le cas de Leonard Bernstein, célèbre compositeur new-yorkais, qui, bien qu’initialement connu sous le nom de Lennie Bernstein, a voulu en vieillissant que son nom soit prononcé « Bernchteïne » pour être davantage associé à la culture européenne.
Pour les États-Unis, la question de la prononciation est claire, mais doit-on l’adopter en Belgique francophone ? Dans les médias, un effort est fait pour respecter la prononciation généralement admise tout en tenant compte de la phonétique d’origine. Ainsi, les présentateurs prononcent Benjamin Netanyahu « Binyamin » plutôt que « Bainjamain ». Toutefois, ce principe a ses limites. Jean-Pierre Jacqmin, directeur de l’information, explique qu’il est crucial d’être compris par le public de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Il a officialisé la prononciation « Epstinne » sur les conseils des experts en info internationale, tout en reconnaissant que « Epchteïne » pourrait être acceptable : « L’important, surtout à l’oral, c’est d’être compris par notre public. »
Cela contribue à éluder les théories du complot qui suggèrent que la prononciation « Epstinne » vise à dissimuler les origines juives du milliardaire et ses supposées liaisons avec le Mossad, le service de renseignement israélien.

