Enquête sur des comportements inappropriés envers mineurs en classes vertes.
Le directeur du centre fait l’objet d’une enquête du parquet de Marche-en-Famenne, ouverte depuis juillet 2025, suite à des accusations faites par un enfant de 8 ans concernant des faits survenus quelques semaines plus tôt. La Fédération Wallonie-Bruxelles a annoncé se constituer partie civile dans le dossier judiciaire et souligne que « la tolérance zéro doit s’appliquer » en cas de faits de mœurs sur des enfants.
Le directeur du centre fait l’objet d’une enquête ouverte par le parquet de Marche-en-Famenne depuis juillet 2025, suite à des faits survenus quelques semaines plus tôt. Un enfant de 8 ans, qui était en stage dans cet établissement, a déclaré avoir été emmené dans la roulotte du directeur et avoir passé la nuit seul avec lui. Il évoque des « bisous dans le cou » et indique avoir dû prendre un médicament avant de s’endormir. Le lendemain, ses parents, mal à l’aise face à l’accueil que leur enfant a reçu, ont déposé plainte après avoir entendu son récit. L’enquête a débuté et en août, le directeur a été entendu.
La RTBF a confirmé que le parquet de Marche-en-Famenne relie cette affaire à une plainte datant de 2023, où un enfant avait signalé des comportements suspects. Le directeur aurait déclaré à cet enfant : « Je t’aime, mais cela doit rester secret. » Une main courante avait été déposée, mais cette plainte n’avait pas abouti. En été 2025, le parquet a décidé de combiner les deux affaires en raison de leur similarité.
Une chambre du conseil a été tenue aujourd’hui sur ce dossier, et le parquet a requis un non-lieu. Nous avons contacté l’avocat représentant l’une des familles plaignantes, qui n’a pas souhaité faire de commentaires, mais a précisé : « Nous avons déposé une requête en devoirs complémentaires et nous nous remettons à la justice pour poursuivre l’enquête. »
Nous avons essayé de joindre le directeur, qui bénéficie de la présomption d’innocence. Il a choisi de ne pas répondre à nos questions, renvoyant vers son avocat, qui a également refusé de commenter l’enquête en cours.
Le Délégué général aux droits de l’Enfant a rencontré ce lundi les familles des deux enfants concernés. Solayman Laqdim a confirmé avoir été contacté il y a un an par le conseil d’administration d’une école du Brabant pour des faits similaires. « Il y avait des éléments plutôt inquiétants au niveau de l’attitude du directeur. Cette école a vu des comportements inappropriés de la part de la direction. Il répétait aux enfants qu’il les aimait en les prenant sur les genoux, en les embrassant, une proximité malsaine. », a-t-il déclaré.
Pour Solayman Laqdim, il n’y a aucun doute, les témoignages concordent : les enfants ont vécu des expériences similaires et sont traumatisés. « Il y a des conséquences pour ces enfants. Après leur séjour dans cet établissement, ils ont développé soit des crises excessives, soit, au contraire, s’inscrivent dans un mutisme qui n’existait pas auparavant », a-t-il ajouté.
Le 13 janvier, Solayman Laqdim a écrit à la Fédération Wallonie-Bruxelles, qui avait agréé le centre. Les ministres Valérie Lescrenier, en charge de la Jeunesse, et Valérie Glatigny, chargée de l’Enseignement obligatoire, ont annoncé ce vendredi que la FWB se constituait partie civile dans ce dossier judiciaire. Dans leur communiqué, elles déclarent : « En cas de faits de mœurs, de violences, qui plus est sur des enfants, la tolérance zéro doit s’appliquer. Nous suivrons cette instruction dans ses moindres détails et, le cas échéant, assurerons une intervention appropriée pour défendre la société et la jeunesse. Nous respectons la séparation des pouvoirs et le secret de l’instruction, tout comme la présomption d’innocence et avons pleine confiance en la Justice pour mener cette affaire concernant des faits particulièrement graves s’ils sont avérés. » Elles ajoutent que la Fédération coopérera avec la justice en toute transparence.
Dans leur communiqué, les ministres précisent que « des mesures préventives et conservatoires » ont été prises, sans fournir plus de détails. Il est possible que l’agrément d’hébergement du centre soit suspendu. D’après nos informations, avant la déclaration des ministres, au moins trois écoles avaient déjà décidé de ne plus organiser de séjours dans ce centre.

