Belgique

En Ukraine, des milliers de civils ne sont pas chauffés en hiver.

Nadiya a 79 ans et c’est la première fois depuis deux mois qu’elle sort de chez elle. En Ukraine, l’hiver est l’un des plus froids depuis plus de dix ans et 61 générateurs mobiles ont déjà été fournis par la Belgique aux hôpitaux ukrainiens, pour près de 24 millions d’euros.

Nadiya, âgée de 79 ans, progresse lentement dans la neige pour rejoindre son appartement. C’est la première fois qu’elle sort de chez elle depuis deux mois. Pour rentrer, elle doit monter à pied pendant 20 minutes, car l’ascenseur de son immeuble ne fonctionne plus, et doit reprendre son souffle à chaque étage. « Aujourd’hui, ça va… Mais il y a des jours où cela ne va pas du tout« , raconte-t-elle à notre micro.

La cage d’escalier est froide, et son appartement n’est guère plus chaud. « Il fait 10 degrés maintenant. 10 degrés, c’est bien. Ce matin, il n’y avait que 8 degrés« , relativise-t-elle.

Avec les fréquentes coupures d’électricité, vivre dans le froid est devenu son quotidien. « Le pire moment, ça a été quand il n’y avait pas d’électricité, pas de chauffage, pas d’eau chaude et même pas d’eau courante« , confie-t-elle.

Il faut préciser que la centrale thermique toute proche est régulièrement ciblée. Ses fenêtres portent les marques de frappes récentes. Elle se lave donc quand elle en a l’occasion, mais sa priorité reste de ne pas tomber malade.

Nadiya n’est pas un cas isolé. Dans le quartier, Lilia, une bijoutière, doit également s’adapter. Son associé est au front, et le froid l’empêche souvent de travailler sur ses bijoux. « Quand il fait très froid, j’utilise ce réchaud portable parce que j’ai trop peur d’utiliser un réchaud à gaz« , explique-t-elle.

Des générateurs financés par la Belgique

En Ukraine, l’hiver est l’un des plus froids depuis plus de dix ans, et Vladimir Poutine l’a bien compris. Attaquer des centrales thermiques fait partie de la stratégie de guerre du froid menée par la Russie.

Pour éviter les coupures d’électricité, la Belgique fournit des générateurs mobiles aux hôpitaux ukrainiens. « On les a utilisés plusieurs fois quand il faisait -20, -22 degrés. Et vraiment, c’était très confortable pour nos patients parce que sans ces stations mobiles, cela aurait été très difficile de travailler et de les soigner« , explique Serhii Dubrov, Directeur de l’Hôpital Clinique Municipal de Kiev.

Dans cet hôpital, deux générateurs mobiles peuvent permettre son fonctionnement pendant cinq jours. Ces générateurs, réalisés en Ukraine pour l’Ukraine, ont été financés par la Belgique. Un total de 61 a déjà été livré, tandis qu’une vingtaine d’autres sont en commande, pour près de 24 millions d’euros.

« Le système actuel fonctionne au pétrole, mais nous voulons des systèmes qui fonctionnent au pétrole et au gaz, car nous souhaitons aussi réfléchir à leur utilisation après la guerre, et à comment cela pourrait contribuer à un système de chauffage décentralisé et plus écologique« , explique Dirk Deprez, Directeur d’Enabel en Ukraine.

Dans tout le pays, survivre à l’hiver est désormais une nouvelle réalité pour la plupart des Ukrainiens.