En matière de mortalité sur les routes, la Wallonie fait figure de mauvais élève

La mortalité est à la hausse sur les routes wallonnes, alors que les accidents diminuent, selon Vias.

Le dernier baromètre de la sécurité routière publié par l’institut pour la sécurité routière Vias dresse un sombre constat pour les cyclistes wallons. Le nombre de morts à cause d’un accident de la route a triplé en un an, passant de 7 à 21 en 2019, rien que sur les routes du sud du pays.

L’augmentation de la mobilité sur deux-roues peut en partie expliquer cette explosion. Au sud du pays, le nombre de cyclistes a grossi de 24 % l’année dernière, selon les chiffres de Vias. Les associations dénoncent surtout le manque d’infrastructures adaptées pour assurer la sécurité des deux-roues, à l’instar des pistes cyclables le long des grandes routes.

« Les chiffres montrent que le problème ne se situe pas au niveau des vélos électriques. Plus rapides, plus lourds, utilisés par un public moins habitué, ils sont souvent mis en avant pour expliquer l’augmentation des accidents. Or, ici, on remarque que sur les 21 tués, seuls deux concernent des vélos électriques. Les autres victimes circulaient sur des vélos classiques« , explique Benoît Godart, le porte-parole de Vias. Une statistique qu’il met en avant pour souligner le manque d’aménagement des voiries.

L’argument est partagé par le Gracq, l’association de défense des cyclistes francophones, qui souligne une « hécatombe évitable » : « La Wallonie a du retard pour la mise en place de pistes cyclables sécurisées et en sites propres. Pour preuve, 13 accidents mortels sur les 15 des 9 premiers mois de l’année ont eu lieu entre un vélo et un véhicule motorisé« .

Plus généralement, le nombre d’accidents impliquant des vélos augmente sur le territoire belge, avec une progression plus forte à Bruxelles (+17 %) et en Wallonie (+8 %).

Des accidents plus rares mais plus graves

L’autre constat inquiétant concerne le nombre de morts sur les routes. Les chiffres sont en croissance, après une baisse constante durant les trois dernières années. Sur l’ensemble du territoire, ce ne sont pas moins de 620 personnes qui ont perdu la vie en 2019, soit 34 de plus qu’en 2018.

Encore une fois, la Wallonie fait figure de mauvais élève avec une hausse de près de 10 %, pour totaliser 297 victimes. Un chiffre qui surprend, en regard des objectifs de sécurité routière avancés par la ministre régionale de la Sécurité routière, Valérie De Bue (MR). La libérale visait un objectif de 100 morts sur les routes d’ici 2030. Pour y parvenir, elle annonçait l’augmentation des radars fixes et des radars tronçons. En ligne de mire : la vitesse excessive des conducteurs.

Vias souligne par ailleurs le paradoxe des chiffres de son baromètre 2019. Le nombre de décès a augmenté de plus de 10 % en Wallonie alors que, pourtant, celui des accidents a diminué de 2 %. « Cela montre que les accidents souvent plus violents. On retrouve encore une fois le problème de la vitesse« , indique le porte-parole de Vias. Et la ministre de couper court au débat l’éventuelle baisse de la vitesse : « Nous sommes en faveur d’une vitesse dynamique. La généralisation n’est pas assez nuancée.« 

L’autre point noir, ce sont les accidents impliquant des camions. En Wallonie, le nombre de morts qu’ils engendrent est passé de 32 à 53, à l’exact inverse de la Flandre qui passe de 70 à 52 tués. « On peut pointer l’importance des zones de travaux sur le réseau autoroutier wallon, souligne Benoît Godard. Et le problème de la distraction des chauffeurs qui utilisent leur téléphone au volant. »