En Hongrie, Viktor Orban cible Volodymyr Zelensky et évoque la guerre.
Une vidéo circulant sur les réseaux sociaux montre une petite fille demandant à sa mère, en larmes, « Maman, quand papa rentre-t-il à la maison ? » avant de révéler que le père a été exécuté en Ukraine. Le 12 avril, les électeurs hongrois se prononceront lors des élections, avec des sondages favorables à Peter Magyar, malgré les accusations portées par Viktor Orban contre son rival.
La vidéo circule sur les réseaux sociaux. On y voit une petite fille, les larmes aux yeux, demander à sa mère, elle aussi en pleurs : « Maman, quand papa rentre-t-il à la maison ? » La scène montre ensuite le père de la fillette… exécuté sur le front en Ukraine. Sauf que tout est faux.
Ce spot de campagne du Fidesz, le parti de Viktor Orban, a été entièrement généré par l’intelligence artificielle. Il se termine par un message très clair : si vous voulez éviter que la Hongrie soit entraînée dans la guerre, un seul choix s’impose : le Fidesz.
Il y a quatre ans, Viktor Orban avait remporté les élections en se présentant déjà comme le garant de la paix. Aujourd’hui, il rejoue exactement la même carte : selon lui, voter pour l’opposant Peter Magyar reviendrait à voter pour la guerre. Le dirigeant caricature son rival comme un agent au service de l’Union européenne et de l’Ukraine, prêt à envoyer les Hongrois au front et à augmenter les impôts pour financer l’armée ukrainienne. Des accusations évidemment infondées.
Mais le Premier ministre nationaliste ne s’embarrasse pas de nuances. Au fil des mois, il a intensifié ses attaques contre Kiev. Les affiches hostiles à l’Ukraine se sont multipliées dans le pays, et les médias publics ont relayé massivement ce discours. La responsabilité de la Russie, par contre, a soigneusement été éludée. Résultat : l’image de Volodymyr Zelensky s’est largement dégradée dans l’opinion publique hongroise.
Malgré cette campagne alarmiste, les sondages restent favorables à Peter Magyar. Certes, près d’un quart des Hongrois pensent qu’une victoire de l’opposition entraînerait leur pays dans la guerre. Mais sur le terrain, les préoccupations des électeurs sont souvent ailleurs : coût de la vie, hôpitaux en difficulté, corruption. C’est précisément sur ces thèmes que mise Peter Magyar, largement en tête dans plusieurs sondages.
La carte anti-Ukraine a fonctionné il y a 4 ans. Mais cette fois, le contexte a changé. L’économie est plus fragile, l’opposition plus forte que jamais. Alors, la peur de la guerre suffira-t-elle à sauver Viktor Orban ? Réponse dans les urnes, le 12 avril.

