En a-t-on vraiment fini avec le Covid ? Frank Vandenbroucke fait le point

Ce vendredi, le Codeco a fait un grand pas vers la liberté en actant le passage au code orange du baromètre, dès le 18 février. Le Covid Safe Ticket, dont l’utilité pour ralentir la propagation du virus est mise en doute par de nombreux experts, reste quant à lui en vigueur. Quand les autorités comptent-elles l’abandonner ? « Il est convenu de le garder en code rouge et orange. Quand on passera dans le code jaune, on arrêtera son usage« , rappelle d’emblée le ministre de la Santé, ajoutant que le CST crée une protection supplémentaire encore utile dans le contexte actuel. « Dire que ça ne crée pas de protection, c’est absolument faux« , insiste Frank Vandenbroucke.

Pour se protéger, le socialiste appuie également sur l’importance de la dose booster. « Il est très clair que la vaccination avec deux doses, après un certain temps, son impact diminue. C’est la raison pour laquelle il faut un booster », explique Frank Vandenbroucke. « Il faut la troisième dose. Imaginez que vous puissiez vous protéger avec une diminution des risques d’hospitalisation de 85% avec le booster, pourquoi ne pas le faire ?« , s’interroge-t-il. La troisième dose sera d’ailleurs nécessaire, dès le 1er mars, pour que le CST ne soit pas désactivé.

Passage au code jaune en mars ?

« Début mars, il y aura un Codeco qui va sans doute discuter de toute une série de mesures qu’il reste encore« , a lancé Vandenbroucke. Le port du masque à l’école pour les jeunes de plus de 12 ans sera d’ailleurs à l’agenda. « Le masque protège les gens et les proches, aussi pour les enfants. C’est la raison pour laquelle nos experts ont dit d’assouplir étape par étape », a toutefois souligné le ministre.

Au programme également, un possible passage en code jaune, même si le ministre refuse de fixer une date. « Aussitôt que possible« , déclare-t-il, jugeant un basculement au mois de mars « réaliste ». La décision se fera toutefois « sur base de la situation de notre système hospitalier », insiste-t-il. « C’est la discipline du baromètre. Ce n’est pas les dates que l’on va fixer, mais la réalité dans les hôpitaux« .

Quant au code vert, le grand absent du baromètre, Frank Vandenbroucke précise. « Le code jaune veut dire qu’il y a encore une circulation du virus, mais qu’elle est maîtrisée. S’il n’y a plus de circulation, alors le baromètre prend fin et on est dans le vert ».

Et la suite ?

Le ministre de la Santé a toutefois rappelé que face au coronavirus, c’est l’incertitude qui domine. « On espère pouvoir éliminer tout ça », a-t-il déclaré au sujet des dernières mesures sanitaires en vigueur. « On est dans une incertitude assez fondamentale, mais on est optimistes pour les mois à venir ».

Les ministres de la Santé belges vont également se pencher mercredi, lors de la CIM Santé, sur le dépistage du coronavirus en Belgique; Pour Pedro Facon, le commissaire corona, il faut abandonner le testing massif via PCR, qui coûte près de 3 millions à la Belgique chaque jour. « Je crois qu’il faut changer, mais pas abandonner la surveillance« , estime Frank Vandenbroucke, pour qui une partie de celle-ci pourra désormais se passer chez les généralistes.

« Je crois que l’on peut s’attendre à une situation où la vaccination contre le covid reste une compagne à répétition », estime-t-il enfin, interrogé au sujet d’une 4e dose pour la population générale (NDLR; la 4e dose est actuellement proposée aux personnes immunodéprimées). Reste donc encore à déterminer le vaccin à administrer et la fréquence des doses.

Des critères de qualité pour les détecteurs de CO2

Également invité sur le plateau, Manu Douette (MR), bourgmestre de Hannut, s’est inquiété de la fiabilité des détecteurs de CO2. « Il faut un étalonnage correct, sinon on risque de ventiler pour rien« , estime-t-il, après avoir observé des différences importantes au sein d’une même pièce.

Un problème dont Frank Vandenbroucke avait déjà connaissance et qui devrait bientôt être réglé grâce à un arrêté ministériel. « Je finalise un arrêté ministériel qui va définir des critères de qualité pour des compteurs CO2 utiles en temps de pandémie », commente le ministre, qui espère le publier en mars. Selon lui, les détecteurs de CO2 sont des instruments qui vont nous accompagner « pendant des années ».