Émeutes après le match Belgique – Maroc: “J’ai vu des familles marocaines en pleurs »

Ce matin, Martin Buxant recevait Ahmed Laaouej, député fédéral et chef de groupe PS à la Chambre, sur LN24. En ce jour de match, puisque la Belgique affronte la Croatie ce jeudi à 16h, le député est revenu sur les récents incidents qui ont suivi dans le centre de Bruxelles après la victoire du Maroc dimanche dernier. “Ces casseurs ne sont pas des supporters. Quand on supporte une équipe on ne casse pas, on ne dégrade pas. Ce qui s’est passé est inacceptable”, débute-t-il. “Il y a eu de la casse mais cela ne veut pas dire que la police n’a pas fait son travail. Elle avait mis en place un dispositif et avait commencé à agir avant la fin du match. Et j’attends qu’elle soit tout aussi vigilante aujourd’hui. J’attends que la police mette tout en œuvre pour prévenir et réagir avec fermeté, comme elle l’a fait. Maintenant, ces casseurs doivent répondre de leurs actes devant la justice. La tolérance doit être zéro”, martèle avec fermeté Ahmed Laaouej.

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Néanmoins, le chef de groupe souhaite que l’on évite les amalgames. “J’ai vu des familles marocaines en pleurs car elles se sentaient salies par ce qui s’est passé. La plupart des supporters marocains célèbrent le sport et n’ont rien à voir avec ces casseurs. Ces personnes dégradent l’image du plus grand nom”, se désole-t-il.

Dans la suite de cette interview, Ahmed Laaouej est revenu ensuite sur le projet de la taxe kilométrique, affirmant que jamais le PS à Bruxelles ne votera pour ce projet. “Aujourd’hui les voitures rapportent 20 milliards d’euros en taxes diverses à l’État, donc si l’impôt pouvait avoir une quelconque influence sur les automobilistes cela se saurait. En plus, il y a déjà une taxe kilométrique, cela s’appelle les accises. Plus vous mettez du carburant, plus vous payez des taxes. Et aujourd’hui c’est irresponsable d’arriver avec des taxes supplémentaires, les gens ne s’en sortent pas. On veut renforcer l’accès des transports en commun, rendre par exemple la STIB gratuite. C’est ça qui poussera les gens à ne plus utiliser la voiture”, affirme-t-il.

Martin Buxant a ensuite interrogé Ahmed Laaouej sur les réformes structurelles que l’Europe veut imposer dans ce contexte d’austérité économique. “Les dépenses publiques c’est de l’investissement et ça l’Europe ne veut pas le comprendre. En plus, où sont ses réformes structurelles ?”. C’est pour cette raison que le député souhaite refuser la demande de l’Europe, au risque pourtant d’être sanctionné. “Si on met à contribution les revenus de la spéculation, si on lutte contre la fraude fiscale de manière plus efficace on trouvera des moyens de réduire les déficits. On pourra alors proposer à l’Europe un bulletin des déficits budgétaires, mais cela va être un gros combat”, admet-il.

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Enfin, Ahmed Laaouej est revenu sur la crise énergétique qui sévit toujours et sur la nouvelle récente augmentation des prix du gaz. “S’agiter depuis l’extérieur ne sert à rien, nous avons besoin de sérénité. Nous demandons au Premier ministre et à la ministre de l’Énergie d’avancer dans les négociations, et si cela ne va pas, on devra observer tous les dispositifs légaux qui sont à notre disposition pour pouvoir réagir en protégeant la sécurité d’approvisionnement et la facture des ménages. Le PS est ouvert à toutes les solutions qui nous permettront d’aller dans ce sens”, conclut-il.