Elisabeth Degryse : « Je n’ai jamais hurlé » contre les accusations.
Plusieurs ex-conseillères du cabinet Degryse dénoncent des pratiques de management au sein de la cellule culture, notamment des jets de signataires et des hurlements de la ministre. En septembre dernier, une requête contradictoire a été introduite devant le tribunal du travail francophone de Bruxelles concernant des faits présumés de harcèlement et de rupture abusive.
Dans des témoignages recueillis par Le Soir, plusieurs anciennes conseillères ont critiqué les méthodes de management au sein de la cellule culture du cabinet Degryse. Certaines évoquent des jets de signataires, des classeurs contenant des documents à signer. D’autres affirment avoir entendu la ministre Degryse crier sur des collègues dans son bureau. Des accusations qu’elle rejette (voir ci-dessous).
Toujours selon Le Soir, une requête contradictoire a été déposée en septembre dernier par l’une de ces collaboratrices devant le tribunal du travail francophone de Bruxelles. Cette action en justice concerne des faits présumés de harcèlement, de non-respect des règles de prévention et protection des travailleurs, de rupture abusive, ainsi que d’atteinte à l’honneur et à la réputation.
Le dossier, qui pourrait donner lieu à des dommages et intérêts, sera examiné par le tribunal le 19 octobre prochain. Un jugement pourrait être attendu pour début 2027, précise le journal.
Parallèlement, une enquête psychosociale a été conduite en ce début d’année au sein du cabinet, suite à une demande formelle d’intervention psychosociale adressée au Cesi, service externe pour la prévention et la protection au travail.
### Elisabeth Degryse : « J’en ai les larmes aux yeux, j’en ai pleuré ce matin en découvrant l’article »
« Je suis complètement estomaquée de cet article (du Soir, NDLR) et de son titre, je ne le vis vraiment pas bien », a réagi ce samedi Elisabeth Degryse, interrogée par la RTBF. « Certains préfèrent faire un procès dans les médias plutôt que devant les cours et tribunaux parce qu’il y a effectivement une procédure en cours, il s’agit d’une personne de mon cabinet avec qui la rupture de confiance était totale, et à qui nous avons mis fin au contrat. Elle conteste devant le tribunal, ok. Je n’ai pas choisi de faire le débat dans la presse. Je le ferai devant les lieux adéquats. »
En plus de cette procédure, Le Soir a également recueilli plusieurs témoignages qui semblent converger sur des thèmes de pression, de charge de travail, d’injonctions contradictoires, voire de cris et de hurlements. « Ce sont des témoignages que je conteste complètement », insiste la ministre-présidente. « Ce n’est absolument pas mon mode de fonctionnement au sein du cabinet. C’est me salir, mais aussi salir l’ensemble de mes collaborateurs, de mes responsables qui travaillent tous les jours pour qu’on ait justement un cadre de travail qui soit sain, serein. Certes, c’est chargé parce qu’on travaille beaucoup dans les cabinets. C’est odieux et choquant. »
> « J’ai le sentiment extrêmement difficile que quoi que je dise, on ne me croira pas. »
Le Soir a par exemple mentionné des signataires qui « volent ». « Je conteste tout. Ceux qui me connaissent un tout petit peu savent que je ne peux pas être Dr Jekyll and Mr Hyde (un personnage de fiction à la double personnalité, NDLR), je suis entière, je suis comme je suis partout. Je ne sais pas être comme ça, ce n’est pas mon mode de fonctionnement, je n’ai jamais hurlé, je n’ai jamais lancé de signataires. J’en ai les larmes aux yeux, j’en ai pleuré ce matin en découvrant l’article. Et je ne sais pas comment je dois le dire parce que j’ai le sentiment extrêmement difficile que quoi que je dise, on ne me croira pas. Et que par définition, on va croire les collaborateurs et collaboratrices qui ont fait ces témoignages. Je suis de facto accusée, et je n’ai aucun espace pour dire que ce n’est pas vrai parce qu’on part du principe que ce qu’elles disent est juste. »

