Belgique

Éboulement minier en RDC : Kinshasa redoute « au moins 200 morts »

Les mines de Rubaya produisent entre 15 et 30% du coltan mondial et sont sous le contrôle du groupe armé antigouvernemental M23 depuis avril 2024. Selon le gouverneur de la province du Nord-Kivu, Eraston Bahati Musanga, le bilan fait état d' »au moins 200 morts » suite à un glissement de terrain, sans confirmation par des sources indépendantes.


Les mines de Rubaya, où opèrent principalement des mineurs artisanaux dans des conditions difficiles, représentent entre 15 et 30 % de la production mondiale de coltan. Depuis avril 2024, elles sont sous le contrôle du groupe armé antigouvernemental M23, soutenu par le Rwanda.

L’est de la République démocratique du Congo (RDC) posséderait au moins 60 % des réserves mondiales de ce minerai, à partir duquel est extrait le tantale, indispensable pour la fabrication des équipements électroniques modernes.

Cette région, en proie à des conflits depuis trente ans, connaît une intensification des violences depuis 2021, marquée par le retour du M23, appuyé par l’armée rwandaise, qui a conquis les grandes villes de Goma et de Bukavu en janvier et février 2025.

Le site de Rubaya, s’étendant sur plusieurs dizaines de kilomètres carrés, se trouve à environ 70 kilomètres à l’ouest de Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu.

D’après des informations encore fragmentaires rapportées par l’AFP, un pan de colline a glissé mercredi après-midi, suivi d’un autre glissement de terrain jeudi matin.

Le gouverneur du Nord-Kivu, nommé par le M23, Eraston Bahati Musanga, qui a visité le site vendredi, a indiqué à l’AFP qu’il y aurait « au moins 200 morts », bien que ce chiffre n’ait pas été vérifié par des sources indépendantes.

Ce responsable du M23 a également mentionné que des corps avaient été extraits des décombres, sans préciser le nombre.

Dans cette zone isolée de l’énorme pays d’Afrique centrale, le réseau téléphonique est interrompu depuis plusieurs jours. L’administration congolaise et les organisations de la société civile ont quitté la région à l’arrivée du M23.

Les informations parviennent « au compte-goutte par des motards circulant » dans la région, ce qui rend difficile l’établissement d’un bilan précis, a précisé une source humanitaire contactée par l’AFP.

Des experts de l’ONU soulignent que le M23 a établi à Rubaya « une administration semblable à celle d’un État », notamment en créant un « ministère chargé de l’exploitation des minéraux » qui délivre « des permis aux creuseurs et aux opérateurs économiques ».

Les activités minières sous le contrôle de ce groupe armé lui rapportent plusieurs centaines de milliers de dollars par mois, grâce à une taxation sur la production et le commerce du coltan, d’après les experts de l’ONU.

Le gouvernement congolais a appelé dimanche « la communauté internationale à prendre pleinement la mesure de ce drame », qu’il considère comme la conséquence d’une « occupation armée et d’un système organisé de pillage » orchestré par le M23 et le Rwanda.