Belgique

Droixhe : un réveillon sportif pour les jeunes du quartier.

Yasser, jeune du quartier de 13 ans, trouve que le passage à la nouvelle année est bien plus mémorable que l’an dernier. Au total, plus de 250 jeunes ont répondu présents pour participer à ce réveillon sportif organisé par la Ville de Liège qui a lieu depuis cinq ans.


C’est un réveillon qu’ils ne sont pas près d’oublier. Du mini-foot, du tennis de table, des jeux aquatiques, ou encore de la boxe. Pour Yasser, un jeune de 13 ans du quartier, la transition vers la nouvelle année est beaucoup plus marquante que l’année précédente.

« L’année passée, on jetait des pétards, on n’avait rien d’autre à faire », raconte-t-il.

Pour Yasser, ce réveillon sportif est une première.

Au total, plus de 250 jeunes ont participé. Ils étaient là pour jouer, s’amuser et se défouler dans ce club de boxe que beaucoup connaissent déjà bien. Chaque année, l’événement attire entre 200 et 500 personnes, surtout des garçons âgés de 12 à 22 ans, pour qui cette initiative est plus qu’indispensable.

« Il y a beaucoup de jeunes qui sont dans de mauvaises ambiances, avec de mauvaises fréquentations, pendant cette nuit du 31 », souligne Abdessalam, un jeune de 17 ans qui admet : « [Sans ce genre d’événement], à tout moment, je peux me retrouver dehors avec des amis ».

Oussama, un boxeur de 22 ans, participe à ce réveillon chaque année. « Je suis là depuis le tout début, avec les membres de l’organisation. Je suis un jeune du quartier et j’ai grandi avec la boxe », confie-t-il. Pour lui aussi, cette soirée du 31 décembre consacrée au sport est essentielle pour protéger les plus jeunes.

« Les années précédentes, on a déjà vu à la télé des genres d’émeutes au Nouvel An. Ça part très vite, donc le fait d’organiser des activités comme celles-ci permet de délaisser les petites conneries », déclare-t-il.

Et c’est pour cette raison que la Ville de Liège organise ce réveillon depuis cinq ans, pour occuper les jeunes autrement, loin des influences néfastes qui se multiplient dans la rue. « C’est ça qui est très inquiétant. On remarque une montée énorme du nombre de gamins qui ont à peine 12 ou 13 ans et qui sont livrés à eux-mêmes », ajoute Bekkay Darfouf, animateur socio-sportif de la Ville de Liège.

Cet acteur de terrain redoute également le décrochage scolaire et la fracture familiale. « Certains nous disent : ‘Mon père ne m’a pas dit bonjour depuis quatre ans’ ou ‘Ma mère ne me parle plus’. » Selon Bekkay Darfouf, accuser les parents ou le service public « ne serait pas juste ».

« La situation est souvent très compliquée. On fait le maximum mais il arrive que des jeunes, voire très jeunes, de 12 ou 13 ans, soient en décrochage scolaire, social et familial. C’est très compliqué à gérer. Ici, on essaie de les rassembler dans le sport parce que c’est un vecteur d’émancipation énorme pour les gamins. »

La nuit sportive s’est achevée par un repas convivial, une savoureuse récompense pour ces premiers champions de 2026 !