Devoirs à la maison : que dit vraiment la loi ?
En Belgique francophone, les devoirs dans l’enseignement fondamental sont encadrés par un décret du 29 mars 2001, qui interdit les devoirs en maternelle et fixe des limites de temps pour les devoirs à partir de la troisième primaire. Dans l’enseignement secondaire, chaque école fixe ses propres règles, sans réglementation précise sur les devoirs à domicile.
En primaire, la loi fixe des limites aux devoirs
Dans l’enseignement fondamental belge francophone, les devoirs sont régis par un décret du 29 mars 2001. Ce texte a pour but d’éviter de penser qu’ »une bonne école est une école qui donne beaucoup de travail à domicile« . Ainsi, les devoirs sont prohibés en maternelle.
Pour les classes de première et deuxième primaire, les devoirs ne sont pas permis. Toutefois, les enseignants peuvent recommander des activités simples, comme lire un texte ou expliquer à la maison ce qui a été fait en classe.
Dès la troisième primaire, les devoirs sont autorisés, mais limités dans le temps. Pour les élèves de troisième et quatrième primaire, les devoirs ne doivent pas dépasser environ 20 minutes par jour, tandis que pour ceux de cinquième et sixième primaire, la durée est augmentée à 30 minutes par jour.
Ces devoirs doivent respecter certaines conditions. Ils doivent prolonger une matière abordée en classe, être réalisables sans l’aide d’un adulte et ne peuvent pas être notés. L’objectif principal est pédagogique : aider l’enfant à renforcer ses acquis sans transformer le foyer en une seconde école.
Au secondaire, chaque école fixe ses propres règles
Dans le secondaire, la situation est différente. Contrairement à l’enseignement primaire, il n’existe pas de règlement spécifique concernant les devoirs à domicile. Les enseignants doivent simplement suivre le règlement de leur établissement et le projet pédagogique de leur école, en se basant sur le décret relatif à l’enseignement du 24 juillet 1997. Cela entraîne une grande variabilité des pratiques d’une école à une autre, voire d’un professeur à un autre.
La question des devoirs demeure un sujet de débat. Certains experts affirment qu’ils permettent aux élèves de réviser le contenu appris et de renforcer leurs apprentissages. D’autres soulignent que tous les enfants ne bénéficient pas des mêmes conditions pour travailler chez eux.
La journaliste de la cellule Société de la RTBF, Thi Diem Quach, rappelle que ce sujet est toujours d’actualité :
Il y a autant de réactions que de parents. Certains pensent qu’il faut travailler après l’école, d’autres estiment que les enfants doivent avoir le droit de se détendre après une journée de classe.
Pour l’instant, aucune réforme n’a été mise en place. La ministre de l’Éducation, Valérie Glatigny, envisage cependant des adaptations potentielles, notamment pour l’enseignement primaire. En attendant, une certitude demeure : la question des devoirs continuera à susciter des discussions parmi les élèves, les parents et les enseignants.

