Des professeurs de français en Flandre tirent la sonnette d’alarme

Dans une lettre ouverte, 42 enseignants de la langue française de 14 hautes écoles et universités en Flandre tirent la sonnette d’alarme mardi. « L’ensemble de la filière d’apprentissage du français est menacé et notre expertise, notre passion pour la langue, notre honneur professionnel comme professeur et notre responsabilité comme formateur nous obligent à nous défendre », martèlent-ils. Le manque de soutien des professeurs dans l’enseignement primaire pour poser les fondamentaux de l’apprentissage du français en Flandre est bien connu, affirment les professeurs. « Avec les récentes réformes, la charge de travail n’a fait qu’augmenter et beaucoup de collègues admettent qu’ils ont moins de temps et d’espace pour le français. »

Mais l’apprentissage de la langue est aussi sous pression dans l’enseignement secondaire. « Les nouveaux objectifs de réussite pour le français dans le premier degré de l’enseignement secondaire étaient prometteurs », avancent les signataires de la lettre. Mais les pouvoirs organisateurs – qui convertissent les objectifs en programmes – ont réduit le nombre d’heures, avec trois heures par semaine au lieu de quatre ou six heures hebdomadaires. « Cela rendra impossible la réalisation des objectifs. »

De nouveaux objectifs pour le deuxième degré sont également en préparation. Il faudra prendre en compte un niveau de base plus faible que prévu, préviennent les signataires. Ceux-ci déplorent également le peu d’heures consacrées à l’apprentissage du français à ce niveau.

Et ce alors que l’afflux dans l’enseignement supérieur montre déjà une « évolution néfaste ». « Le niveau de langue des étudiants a fortement chuté. De telle sorte que les enseignants doivent se battre pour pouvoir encore traiter la matière nécessaire. »

C’est pourquoi les 42 signataires appellent à ce que le français soit enseigné au minimum quatre heures par semaine dans le premier degré de l’enseignement secondaire. Dans le deuxième degré, ils exigent un minimum de trois heures hebdomadaires.