Belgique

Des aidants proches ne peuvent pas accéder au chômage : « Choix entre accompagner un enfant ou payer la voiture »

Dimitri s’occupe de son fils Milan, âgé aujourd’hui de 14 ans, qui a des lésions sur la quasi-totalité du cortex et nécessite une aide au quotidien. La réforme du chômage, actée par le gouvernement Arizona en février, exclura Dimitri, entraînant une chute des revenus familiaux de 750 euros par mois.


Cela fait des années que Dimitri s’occupe de son fils Milan, qui a aujourd’hui 14 ans. « Il a des lésions sur la quasi-totalité du cortex, ce qui fait que c’est un petit garçon en IMC (Infirmité Motrice Cérébrale). Il a donc besoin d’aide au quotidien », précise Dimitri.

Dimitri, qui est au chômage, peut ainsi se consacrer entièrement à son fils pendant que son épouse travaille. Cependant, avec la réforme du chômage adoptée par le gouvernement Arizona en février, il sera exclu de ce dispositif. Les revenus de la famille vont donc diminuer de 750 euros par mois.

« Je n’ai pas ma place au chômage parce que je ne suis pas disponible pour le marché de l’emploi, je ne suis pas malade donc je n’ai pas droit à la mutuelle. En ce qui concerne le CPAS, je ne pense pas que j’y ai droit et personnellement je trouve que je n’y ai pas ma place. Où ai-je donc ma place ? », s’interroge Dimitri, désemparé.

Ce n’est pas une mince affaire, car c’est un rôle à temps plein.

Au sein de l’ASBL Inclusion, qui œuvre pour la qualité de vie et l’intégration des personnes en situation de handicap intellectuel, on confirme que la réforme du chômage n’est pas adaptée aux aidants proches, ce qui a des répercussions. « Il y a des impacts financiers, parfois de plus de 500 euros par mois, pour des familles qui ont déjà de petits salaires. Ces familles vont devoir établir des priorités entre continuer à accompagner leur enfant ou travailler pour payer leur voiture. C’est ce genre de dilemme qui va se poser et qu’il va falloir résoudre », déplore Thomas Dabeux, responsable plaidoyer pour l’ASBL Inclusion.

Le ministre Clarinval renvoie la balle aux régions.

Depuis des mois, les familles et le secteur alertent sur cette situation. Jusqu’à présent, sans résultat. Le ministre de l’Emploi, David Clarinval (MR), admet être conscient du problème, mais se repose sur les régions pour agir.

« Il est urgent d’agir au niveau fédéral », rétorque Merlin Gevers, chargé d’études à la Ligue des familles. « On pourrait imaginer un autre dispositif, mais aujourd’hui il n’y a pas de dispositif solide et pérenne qui existe pour faire face à la situation des aidants proches. »

De leur côté, les parents de Milan espèrent que leur témoignage provoquera un changement. « C’est un rôle à temps plein. Il doit être reconnu. Ce n’est pas rien, c’est l’éducation de son enfant », estime la mère de Milan.

À terme, il est nécessaire de revoir tout le statut des aidants proches.