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Décollage d’Artémis 2 : quatre astronautes vers la Lune, première en 50 ans.

La fusée Space Launch System (SLS) a décollé à l’heure, à 18h35 (22h35 GMT), depuis le centre spatial Kennedy en Floride. Le programme Artémis a coûté des dizaines de milliards de dollars et pris des années de retard.


Après une interruption de 54 ans, la NASA a repris sa mission d’envoyer des astronautes vers la Lune, a déclaré Jared Isaacman, le responsable de l’agence spatiale américaine nommé par Donald Trump, lors d’une conférence de presse suivant le lancement.

La fusée Space Launch System (SLS) a décollé à 18h35 (22h35 GMT) depuis le centre spatial Kennedy en Floride. Quelques minutes plus tard, le commandant de la mission, Reid Wiseman, s’est exclamé : « Nous voyons un beau lever de Lune ».

« Dès le départ, nous partons pour l’humanité tout entière », a indiqué son coéquipier canadien Jeremy Hansen, dix minutes avant le décollage.

Les astronautes américains Victor Glover et Christina Koch étaient également à bord. Ils ont décollé du même pas de lancement légendaire d’où étaient partis les astronautes d’Apollo, marquant le premier retour vers la Lune depuis la fin des vols Apollo en 1972.

La capsule Orion s’est détachée comme prévu huit minutes après le départ du premier étage, puis s’est mise en orbite terrestre. Les astronautes effectueront plusieurs tours de la Terre à environ 27 000 km/h, augmentant progressivement leur altitude afin de vérifier le fonctionnement des systèmes.

La prochaine étape majeure est prévue pour jeudi vers 23h30 GMT, lorsqu’ils allumeront les moteurs pour se diriger vers la Lune, qu’ils survoleront lundi sans se poser, comme l’a fait Apollo 8 en 1968.

Dans la soirée, le président Donald Trump a débuté son discours sur l’Iran en félicitant les « courageux astronautes » pour leur lancement réussi.

Le programme Artémis a coûté des dizaines de milliards de dollars et a pris beaucoup de retard.

### Problèmes de toilettes

Au début du vol, quelques imprévus techniques ont mobilisé le centre de contrôle de la NASA à Houston : la communication avec les astronautes a brièvement été perdue et les toilettes ne fonctionnaient pas encore.

« C’est juste le début », a commenté Amit Kshatriya de la NASA avec le calme habituel des hauts responsables de l’agence. Toutefois, une manœuvre en orbite, lors de laquelle Victor Glover a pris les commandes d’Orion pour simuler un amarrage avec un autre appareil, a été un succès.

### Doutes sur 2028

Le remplissage des énormes réservoirs contenant des millions de litres d’oxygène et d’hydrogène liquides a duré quatre heures. Ensuite, plusieurs heures avant le décollage, les astronautes se sont installés à bord de la fusée, dans Orion, qui sera leur habitat jusqu’à leur retour prévu au large de la Californie dans le Pacifique le 10 avril.

Ils devraient établir un nouveau record pour l’équipage ayant été le plus éloigné de la Terre, lundi prochain. Leur mission a pour objectif de confirmer que cette fusée de 98 mètres, non réutilisable, pourra amener des astronautes sur la surface lunaire d’ici 2028, avant la fin du mandat de Donald Trump.

« Artémis 2 est le premier acte, c’est la mission test, elle va préparer le terrain pour les missions suivantes », a expliqué Jared Isaacman.

Cependant, la date de 2028 soulève des inquiétudes chez les experts, car les astronautes auront besoin d’un alunisseur, qui est toujours en cours de développement par les entreprises des milliardaires Elon Musk (SpaceX) et Jeff Bezos (Blue Origin).