Belgique

Décès de skieurs en Haute-Savoie : « Pas de petits hors-pistes, ni de petites avalanches »

Les stations de ski restent généralement très fréquentées tout le mois de janvier dans les Alpes, où des risques d’avalanche de 3 à 4 sur une échelle de 5 ont été signalés ce week-end. Ce lundi, Météo-France indique que les risques d’avalanche restent présents et varient entre 2 et 4.


Après les congés de Noël, les stations de ski continuent d’attirer un grand nombre de visiteurs tout au long du mois de janvier dans les Alpes, l’un des principaux domaines skiables au monde. Avec cette affluence de skieurs, les dangers se multiplient, en particulier lors de la pratique du hors-piste.

« Il n’y a pas de petits hors-pistes ni de petites avalanches », a affirmé récemment la préfète de la Savoie, Vanina Nicoli.

Cette déclaration a-t-elle poussé les skieurs à réfléchir ? Pour certains, oui. Pour d’autres, non. « J’essaie de rester sur les pistes et de faire un peu de hors-piste. Mais toujours en étant contrôlé. Et aussi en évitant de skier seul », a déclaré l’un d’eux à l’AFP. Un autre skieur a ajouté : « Nous vérifions les conditions et les risques d’avalanche. Quand nous nous aventurons en hors-piste, nous avons des systèmes de sécurité et des détecteurs. Nous évitons également d’aller n’importe où. »

Cependant, même si le week-end dernier était fortement déconseillé en raison de risques d’avalanche évalués de 3 à 4 sur une échelle de 5, beaucoup n’ont pas suivi ces recommandations. Rien que dimanche, les secouristes, incluant gendarmes, médecins des urgences, pompiers et pisteurs, sont intervenus sur une douzaine d’avalanches dans le seul département de la Savoie. Au total, six personnes ont perdu la vie en Savoie et Haute-Savoie, et certaines de ces avalanches ont également causé des blessures graves.

### Le hors-piste est dangereux en ce moment

Le danger dans le hors-piste est particulièrement élevé actuellement. « Le danger est permanent partout en hors-piste en ce moment, et pas seulement au niveau avalanche », a souligné un expert.

Les avalanches peuvent se déclencher rapidement, « souvent par le poids du skieur », a expliqué Thierry Arnou, météorologue et nivologue (spécialiste de la neige). « Lorsque vous skiez sur le manteau neigeux, vous pouvez déstabiliser les couches de neige qui sont empilées de manière instable. L’impact d’un skieur se propage dans le manteau neigeux jusqu’à environ 60 cm. Si des instabilités existent sous ces 60 premiers centimètres, vous pouvez provoquer un mouvement de neige, et selon la qualité de la neige, cela peut conduire à des plaques ou des avalanches de poudreuse. »

D’où proviennent alors ces avalanches qui ont causé tant de mortalités ce week-end ? Luc Nicolina, directeur de la sécurité des pistes de La Plagne et pisteur-secouriste, l’explique : « Depuis une dizaine de jours, le vent de Foehn a soufflé en permanence, transportant de la neige. Cette neige se dépose derrière certaines crêtes, dans des combes. Ces zones dangereuses, bien que rares, existent. Même les skieurs expérimentés peuvent se faire surprendre. »

« Ce vent a créé des surfaces dures partout. Lorsque la neige fraîche est tombée le week-end dernier, elle n’a pas adhéré. Le haut, étant en position fragile, ne demandait qu’une charge, comme celle d’un skieur, pour se décrocher », a ajouté Thierry Arnou.

### S’informer, se faire accompagner et ne pas prendre de risque

Dès que l’on quitte la piste, les risques augmentent. « Il y a une réglementation stipulant qu’en dehors du balisage de la piste, on est en hors-piste. Ce n’est pas sans raison. Si le tracé de la piste peut sembler sinueux, c’est qu’il évite les dépôts d’avalanches. C’est bien calculé. Donc, si vous êtes à côté de la piste, même à un ou deux mètres, vous êtes en hors-piste », a-t-il précisé.

Pour ceux qui souhaitent malgré tout tenter l’expérience du hors-piste, il est recommandé de s’informer sur les risques d’avalanche, de faire appel à des professionnels, d’établir un itinéraire adapté à son niveau technique et physique, d’être localisable et de ne pas suivre n’importe quelle trace. Il est surtout conseillé de renoncer si les conditions sont incertaines.

« Il y a des jours où le hors-piste est possible dans des pentes raides, et d’autres où ce n’est pas le cas. Samedi et dimanche, il était préférable d’éviter les pentes raides. Pour ne prendre aucun risque, il faut opter pour des pentes plus douces où l’on peut s’amuser sans danger, en évitant celles de plus de 25 degrés et en se tenant éloigné du bas des pentes raides », conclut Thierry Arnou.

Pour ce lundi, Météo-France indique que les risques d’avalanche demeurent élevés, avec des évaluations variant entre 2 et 4.

Depuis la saison hivernale 2016-2017, l’information sur le risque d’avalanche a été améliorée : des pictogrammes européens commencent à être utilisés dans les stations pour compléter ou remplacer les drapeaux d’avalanche. Comme le rappelle le site gouvernemental sports.gouv.fr, « les dangers naturels de la montagne (pentes raides, falaises, crevasses…) ne sont pas signalés en dehors des pistes et des avalanches peuvent se produire. Le hors-piste exige un bon niveau technique, une bonne connaissance de la montagne et un équipement adapté. »