Belgique

Décès d’Adama Conde : « usage manifestement disproportionné de la force » selon le ministre guinéen

Le ministre des Affaires étrangères, Morissanda Kouyaté, a déclaré que « l’usage d’armes à feu par 4 agents de police pour maîtriser un seul individu ne saurait en l’état être considéré comme une nécessité qui s’imposait absolument ». L’ambassade de Guinée à Bruxelles soutient la plainte de la famille d’Adama Conde, dont le corps sera rapatrié à Conakry ce samedi après une cérémonie funéraire organisée ce vendredi.


Dans une intervention lors du journal télévisé de la Radio télévision guinéenne, le ministre des Affaires étrangères, Morissanda Kouyaté, s’est exprimé sans détour sur la situation :

« Si les conclusions définitives de l’enquête sont encore attendues, il ressort néanmoins à la lecture des éléments disponibles que l’usage d’armes à feu par 4 agents de police pour maîtriser un seul individu ne saurait en l’état être considéré comme une nécessité qui s’imposait absolument. La République de Guinée […] condamne avec fermeté et sans ambiguïté cette tragédie résultant d’un usage manifestement disproportionné de la force. »

L’ambassade de Guinée à Bruxelles soutient donc la plainte de la famille qui s’est constituée partie civile dans cette affaire. Par ailleurs, conforme aux souhaits de la famille, le corps d’Adama Condé sera rapatrié à Conakry ce samedi, après une cérémonie funèbre organisée par la famille et par l’ambassade de Guinée à Bruxelles ce vendredi.

Pour rappel, Adama Condé a été tué le 14 décembre dernier par des tirs de policiers dans le quartier de la gare de Namur. Les policiers avaient été appelés pour une « bagarre au couteau ». Les photos et vidéos grâce à des témoins de la scène ne permettent pas de reconstituer précisément le déroulement des événements. Cependant, sur une de ces vidéos, on peut voir Adama Condé s’avancer vers trois policiers. Les deux premiers tirs sont effectués alors qu’une distance de deux ou trois mètres sépare encore les policiers de la victime. Malgré cela, Adama Condé continue d’avancer ; un corps à corps s’ensuit avec plusieurs policiers, avant que le troisième tir ne retentisse. On le voit alors sortir de la mêlée, s’éloigner de quelques mètres en marchant avant de s’effondrer.

Les premiers éléments de l’enquête montrent qu’Adama Condé ne tenait pas de couteau au moment du corps à corps avec les policiers et que les trois tirs mortels ont été tirés par trois policiers différents, dont un dans la poitrine. Il reste à déterminer si les policiers ont utilisé leurs armes en conformité avec la loi. C’est en partie la mission du Comité P, la police des polices.