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Davos : Trump ne s’impose pas à l’ordre du jour ce mardi.

Le président américain Donald Trump doit intervenir à la tribune mercredi lors du forum de Davos, dont la dernière participation en personne remonte à 2020. Emmanuel Macron doit repartir de Davos dès mardi soir, sans croiser Donald Trump, tandis que le chancelier allemand Friedrich Merz a affirmé vouloir y rencontrer le président américain.


Le président américain influence déjà l’ordre du jour de la rencontre annuelle de Davos, un événement multilatéral qu’il n’a cessé de remettre en question depuis son retour au pouvoir.

Cette réunion survient alors qu’un conflit sur le Groenland, un territoire autonome danois, agite les esprits. Donald Trump souhaite y prendre le contrôle pour des raisons de sécurité nationale et a menacé d’imposer des surtaxes aux pays qui s’y opposeraient, incluant la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni.

Alors que l’Union européenne envisage également des mesures de rétorsion commerciale, les discours prononcés par les dirigeants européens à Davos mardi seront scrutés de près.

Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, doit prononcer l’un des discours d’ouverture mardi, suivi par le vice-Premier ministre chinois He Lifeng. Elle a réaffirmé lundi l’importance de « respecter sans équivoque » la souveraineté du Groenland et du Danemark lors d’une rencontre à Davos avec une délégation bipartite du Congrès américain.

Le président français Emmanuel Macron, qui a récemment dénoncé « le nouveau colonialisme et le nouvel impérialisme » dans les relations internationales et soutient une réponse ferme de l’UE, doit également prendre la parole à Davos en début d’après-midi.

Donald Trump, dont la dernière présence en personne au forum de Davos remonte à 2020, doit s’adresser aux participants mercredi.

La présence américaine est particulièrement marquée cette année à Davos, avec de nombreux commerces de la rue principale privatisés par des entreprises américaines et même une « USA House » établie dans une église où les membres du gouvernement multiplient les interventions.

La délégation américaine, l’une des plus importantes jamais enregistrées à Davos selon les organisateurs, a pris les devants avant l’arrivée de son chef.

Scott Bessent, secrétaire au Trésor, a indiqué dès lundi qu’il « serait très mal avisé » pour l’UE de prendre des mesures de rétorsion commerciale contre les États-Unis en raison du Groenland, et a prévu plusieurs interventions mardi.

Emmanuel Macron quittera Davos dès mardi soir, sans rencontrer Donald Trump. En revanche, le chancelier allemand Friedrich Merz a déclaré vouloir y rencontrer le président américain, exprimant son souhait d' »éviter une escalade douanière ».

Le président finlandais Alexander Stubb a déclaré que « des menaces douanières entre alliés sont inacceptables ; elles affaiblissent notre relation transatlantique et peuvent conduire à un cercle vicieux ».

Parmi les autres dirigeants attendus mardi à Davos, on note la présence du Premier ministre canadien Mark Carney, qui cherche à réduire la dépendance de son pays envers les États-Unis et a récemment formé un nouveau partenariat avec Pékin.

En revanche, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, ne sera pas présent, les organisateurs ayant jugé sa participation « inappropriée » suite à la répression des manifestations en Iran.

Le sommet se déroule cette année sous le thème « Un esprit de dialogue » et se tiendra jusqu’à vendredi dans la station de ski huppée des Grisons.