D’autres variants risquent d’apparaître en Belgique, le seuil des 75 hospitalisations par jour ne pourra être atteint que début mars (Mise à jour)

Yves Van Laethem est d’abord revenu sur les chiffres actuels. Les vacances de Noël commencent à s’éloigner, ce qui permet d’obtenir un aperçu plus précis des indicateurs. Le nombre de tests a augmenté durant les vacances, ce qui a pu expliquer majoritairement l’augmentation des nouveaux cas. Actuellement, le pourcentage de tests positifs continue de diminuer tout comme les hospitalisations, mais de manière plus modérée que lors des semaines précédentes. Il faudra donc surveiller la situation dans les semaines qui arrivent.

Globalement parlant, l’impact des vacances semble peu important, il semblerait que la population ait bien respecté les mesures nécessaires. Nous sommes aujourd’hui revenus à la situation de début décembre. Nous savons que l’augmentation de la mobilité avait amené une augmentation des nouveaux cas, il faut donc éviter que la situation se reproduise. Nous sommes également dans la période de la grippe, ce qui veut dire que c’est le moment où nous sommes le plus faibles vis-à-vis des virus et il faut donc faire encore plus attention.

Les chiffres

En moyenne, sur la dernière semaine on compte 2.086 nouveaux cas par jour, soit une augmentation de 24%. Toutes les tranches d’âges sont concernées ainsi que tout le pays. Mais notons qu’à Bruxelles, cette augmentation est de l’ordre de 85%. La capitale devient ainsi le deuxième endroit où on compte le plus de nouveaux cas après Anvers. En ce qui concerne les hospitalisations, nous nous trouvons sur un plateau avec une lente diminution: en moyenne, on comptabilise 122 nouvelles admissions, soit une baisse de 7%. Ce ralentissement fait que le seuil des 75 hospitalisations ne pourrait être atteint que début mars. Actuellement, 1.908 patients sont hospitalisés, dont 346 en soins intensifs, soit une diminution de 5 et 9% par rapport à la semaine précédente. Nous déplorons une moyenne de 53 décès par jour, soit une diminution de 18%.

Le point sur les maisons de repos

Nous ne sommes plus dans un contexte où les foyers de contaminations se multiplient dans les maisons de repos. Seulement 5% des maisons de repos en Flandre et 4% en Wallonie comptent plus de 10 cas, et Bruxelles n’est même pas concernée. La vaccination y est sûrement pour quelque chose, selon l’expert. Yves Van Laethem a d’ailleurs souhaité revenir sur le contrôle des lots de vaccins qui se fait de manière tout à fait indépendante en Belgique. Le 13 janvier, environ 50.000 personnes avaient déjà été vaccinées, 10 personnes se sont plaintes d’effets secondaires, ce qui est relativement peu. En général, ce sont des nausées ou de légères fièvres.

Yves Van Laethem est néanmoins revenu sur le décès de la personne de 82 ans, cinq jours après sa vaccination.  » Il ne faut pas corréler ce décès au vaccin directement. Nous savons que le risque de mourir à cet âge là est important, d’autant plus dans les maisons de repos. Il faut savoir que, malheureusement, chaque semaine des centaines de personnes meurent dans les maisons de repos« . Des examens sont néanmoins en cours pour en apprendre plus sur les raisons de ce décès, mais il faudra attendre une ou deux semaines.

La vaccination, où en sommes-nous ?

Pour conforter le peu d’effets secondaires du vaccin en Belgique, l’expert s’attarde sur la situation aux Etats-Unis. Sur 1,2 million de personnes vaccinées, 0,2% ont déclaré avoir des effets secondaires, soit 4.000 personnes, ce qui est donc un nombre très bas. Des effets secondaires qui étaient une nouvelle fois peu inquiétants, mais on note néanmoins certains chocs anaphylactiques. Ce sont des formes d’allergie sévères, elles se sont produites chez 1 personne sur 100.000 en moyenne. Ces chocs surviennent dans les 15 minutes qui suivent l’injection du vaccin, ainsi il a été décidé qu’en Belgique chaque personne recevant le vaccin serait placée sous surveillance durant au moins 15 minutes. De cette manière, on pourra prendre en charge les patients très rapidement et dans le meilleur contexte si une telle situation devait se présenter. Yves Van Laethem insiste néanmoins, cette allergie sévère touche surtout les personnes ayant des antécédents en la matière et toutes se sont complètement remises. L’impact du virus dépasse clairement l’impact du vaccin, même avec des effets secondaires (d’un point de vue de la santé, de la société ou même psychologiquement).

17,26% des groupes ciblés par le vaccins, à savoir le personnel soignant et les résidents des maisons de repos, ont déjà reçu une injection. Notons qu’actuellement, 80% des Belges se disent prêts à se faire vacciner. Avec le vaccin Pfizer, nous sommes protégés contre le variant anglais et sud-africain mais d’autres variants vont arriver, nous devons nous y préparer. Ainsi, une nouvelle analyse de l’efficacité du vaccin sera sûrement nécessaire.

Yves Van Laethem a rappelé que la Belgique est tributaire de la livraison des vaccins. A partir d’avril, nous pourrons bénéficier d’un complément des vaccins Pfizer et le vaccin Moderna devrait faire son apparition dans les mois qui arrivent. Mais l’expert a néanmoins rappelé que nous pouvons contrôler certains facteurs. Il en appelle ainsi au bon sens de chacun pour limiter les nouveaux foyers de contaminations. « Nous ne pourrons pas mener une campagne de vaccination optimale si les hôpitaux sont engorgés avec des nouvelles admissions de cas de coronavirus« , explique-t-il. Pour ce faire, il rappelle que les gestes barrières restent essentiels pour permettre aux effets du vaccin de se faire ressentir et de revenir le plus rapidement possible à une situation plus ou moins normale.

Voyages à l’étranger

Antoine Iseux, porte-parole du Centre national de crise, a ensuite rappelé que les déplacements à l’étranger sont fortement déconseillés. S’ils sont indispensables, plusieurs règles doivent être respectées. Si nous avons séjourné dans un pays en dehors de l’espace Schengen, comme le Royaume-Uni, nous devons ainsi respecter une quarantaine et nous faire tester dès notre retour en Belgique. Ces mesures s’appliquent également pour les personnes ayant voyagé en bateau ou en avion, même si elles ont passé moins de 48h à l’étranger. Mais attention, depuis aujourd’hui, les voyages en train et en bus sont également concernés par cette règle.

Les pays de l’UE sont eux aussi concernés par certaines règles. Ainsi, les personnes voulant se rendre en Belgique durant plus de 48H doivent impérativement se faire tester. Mais cette mesure est difficilement applicable dans certains cas. Dès lors depuis mardi, il a été décidé que les enfants qui sont en garde partagée entre un parent résidant en France et un autre en Belgique ne devront plus se faire tester. Il en est de même pour certaines activités comme les chauffeurs de camion, ou encore pour les élèves étrangers résidant dans un internat en Belgique par exemple. 

Pour conclure, Yves Van Laethem a expliqué que l’intensité de protection des anticorps chez les personnes ayant déjà eu le virus est encore assez floue. De fait, il est préférable de se faire vacciner même si nous avons déjà été contaminé, pour renforcer l’immunité déjà présente. Aucun critère de sélection pour le vaccin ne sera donc mis en place en Belgique.