Crise du textile : « Ne déposez rien devant les bulles », avertissent les opérateurs
Depuis janvier 2025, jeter du textile dans la poubelle ménagère est interdit en Belgique, et tout doit aller dans la bulle à vêtements, sauf les habits mouillés ou souillés. Le gouvernement wallon a décidé d’introduire une compensation de 151 euros à la tonne triée, en complément des 400 euros à la tonne réemployée, à partir de janvier 2026.
Cela fera bientôt un an que le dépôt de textiles dans les poubelles ménagères est prohibé. À partir de janvier 2025, tous les vêtements, à l’exception de ceux qui sont mouillés ou souillés, devront être placés dans des bulles à vêtements. Cette mesure est la mise en œuvre en Belgique d’une directive européenne destinée à promouvoir le recyclage.
Cependant, le secteur du recyclage est confronté depuis plusieurs années à un excès de vêtements, rendant la situation difficile à gérer. Des aides ont été mises en place en Wallonie et à Bruxelles pour soutenir le secteur face à cet afflux. En attendant la mise en place de ces aides, l’ASBL Terre tire la sonnette d’alarme et appelle le public à conserver ses sacs de vêtements chez lui pendant les fêtes.
Pour prévenir un effondrement du secteur textile, le gouvernement wallon a décidé d’introduire une compensation de 151 euros par tonne triée, en complément des 400 euros par tonne réemployée. Cette initiative, portée par le ministre de l’environnement, Yves Coppieters (Engagés), sera appliquée dès janvier 2026.
De son côté, le gouvernement bruxellois a également pris des mesures urgentes pour soutenir le secteur. Le ministre Alain Maron (Ecolo), en affaires courantes, a annoncé à la mi-décembre qu’un subside de 676.347 euros sera alloué aux cinq organisations responsables de la collecte des déchets textiles à Bruxelles : Les Petits Riens, Oxfam, Terre, la Poudrière et ViteS BE.
« L’effort est remarquable et il ne faut surtout pas cracher dans la soupe », commente Christian Dessart. Cependant, il se demande si cela suffira à sauver le secteur : « Ça le mettra peut-être à l’équilibre. Je dis bien peut-être, si l’ensemble des coûts ne change pas. »
Les aides régionales d’urgence devraient apporter un soutien essentiel aux opérateurs de tri et de recyclage textile, représentant au total plus de 400 emplois. Cela survient durant une période de transition en attendant la mise en place progressive de la Responsabilité Élargie du Producteur textile, prévue pour 2028 en Europe.
Ce mécanisme de financement reposera sur le principe du « pollueur-payeur »: les producteurs seront tenus de verser une taxe sur les vêtements mis sur le marché pour financer leur collecte, tri et recyclage par des organisations comme Terre, les Petits Riens ou Oxfam.
Le secteur est en pleine mutation. Au-delà de cette aide d’urgence, le gouvernement wallon a lancé un appel à projets doté de 4 millions d’euros, coordonné par W.ALTER. Cet appel a pour objectif de créer ou de renforcer des filières de réemploi, de recyclage et d’innovation textile en Wallonie.
Les 13 ASBL responsables du réemploi devront également intégrer de nouveaux objectifs chiffrés concernant la quantité de déchets triés et collectés. « Les agréments seront actualisés pour intégrer ces objectifs. Des avances seront libérées en début d’année puis le solde tiendra compte des chiffres réels de déchets collectés et triés », précise le cabinet du Ministre wallon de l’Environnement, Yves Coppieters.
« On espère que cela nous permettra de tenir jusqu’en 2028 », conclut le directeur de l’ASBL Terre, Christian Dessart.

