Coronavirus en Belgique: « Nous attendons un élargissement des critères pour savoir qui peut être testé » (Mise à jour)

La Belgique compte à ce jour 22.194 personnes testées positives au coronavirus. 314 ont dû être hospitalisées ces dernières 24 heures et 171 sont sorties de l’hôpital. 2.035 personnes sont décédées des suites de l’infection depuis le début de l’épidémie, dont 162 lundi.

Emmanuel André, Steven Van Gucht, Yves Stevens et Benoît Ramacker sont revenus sur les dernières données relatives à l’épidémie de coronavirus dans notre pays et ont clarifié certains points.

Ce virus peut devenir cyclique comme la grippe ?

Selon l’expert, le Covid-19 pourrait revenir annuellement, mais rien n’a encore été prouvé à ce sujet. « Certains types de coronavirus, étudiés depuis des années, connaissent des pics pendant la période hivernale. Mais nous ne savons pas encore si le nouveau coronavirus suivra ce genre de cycles », a-t-il expliqué, « Nos efforts d’aujourd’hui et les recherches sur des vaccins sont donc importants pour protéger au maximum la population ».


Quelle capacité à tester ?

Le nombre de personnes hospitalisées diminue alors que la capacité de la Belgique à réaliser des tests pour le Covid-19 est en augmentation, « grâce aux plateformes développées dans les laboratoires universitaires et à un effort conjoint entre les universités et les firmes de biotechnologie », a expliqué ce mardi matin Emmanuel André. « Nous testons les personnes qui doivent être admises à l’hôpital et un certain nombre de soignants. On peut tester beaucoup plus, et nous attendons un élargissement des critères pour savoir qui peut être testé », a résumé l’expert. Les critères sont également en voie d’être élargis pour déterminer qui bénéficiera d’un test en priorité.

Des dépistages généralisés dans les maisons de repos ?

L’élargissement des critères devrait permettre la réalisation d’un objectif: proposer un diagnostic à toutes les personnes présentes en maison de repos, le personnel comme les résidents. « Le lancement de cette stratégie a commencé. Mais cela va se faire de façon progressive, et tout le monde ne va pas bénéficier de ces tests du jour au lendemain », a tout de même précisé Emmanuel André.

Faire appel au tracking ?

Le tracking est la recherche active de cas de contamination, une mesure notamment mise en place en France. Elle consiste à rechercher, dans l’entourage d’une personne contaminée, tout autre cas potentiel de contamination, ce que l’on appelle des « cas contacts ». Une démarche qui n’est pas encore en place chez nous : « Pour faire ce travail de recherche cas contacts, il faut beaucoup de personnes. Chaque nouveau cas devra être accompagné pour retracer les personnes avec qui il aura eu des contacts. C’est une approche nécessaire mais qui exigera beaucoup de ressources », a détaillé Emmanuel André.

Quand le pic hospitalier sera-t-il atteint ?

« Au vu des chiffres, nous pensons être arrivés à un plateau. Il devrait pouvoir être maintenu et se transformer en diminution progressive », selon le chercheur belge. Si nous relâchons nos efforts maintenant, ce qui nous attend est une augmentation des cas de contamination. « C’est notre décision aujourd’hui de savoir si nous voulons transformer ce plateau en pic avant d’aller vers une phase où nous descendons, ou si nous relâchons trop vite, que ce plateau soit une phase avant une nouvelle augmentation », a rappelé Emmanuel André.

Transmission de l’animal vers l’homme ou de l’homme vers l’animal ?

Après différents cas de contamination au Covid-19 d’animaux via l’homme, Emmanuel André a rappelé certains points: « La transmission initiale s’est faite de l’animal vers l’homme. Mais aujourd’hui, cela est devenu extrêmement rare. Les humains sont largement vecteurs de transmission, qui se fait surtout d’homme à homme ». Une personne malade peut transmettre le virus à son animal de compagnie mais selon ses dires, « il n’y a aucune évidence que ce vecteur contribue largement à la propagation ».

Qu’en est-il du port obligatoire du masque ?

« Un masque est un élément parmi d’autres pour diminuer la transmission », rappelle le chercheur, « Et quand on reste chez soi, qu’on respecte la distanciation, le masque ne contribue pas de façon importante à la diminution de la transmission. Mais dans le futur, on envisagera tous les scénarios, et quand la distanciation sociale sera réduite, le masque pourra avoir son utilité ».