Belgique

Conflit USA-Venezuela : une bataille narrative impacte la Belgique

Le ministre des Affaires étrangères belge, Maxime Prévot, a déclaré : « Les Vénézuéliens méritent un régime démocratique et légitime, qui leur a fait défaut avec Maduro ». À gauche, le PTB a publié un communiqué dénonçant « des crimes de guerre dans un objectif de pillage impérialiste ».


La réponse officielle de la Belgique est marquée par une certaine ambiguïté. Le ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot, déclare : « Les Vénézuéliens méritent un régime démocratique et légitime, qui leur a fait défaut avec Maduro. Ce dernier doit répondre de ses actes ». Ce début de communiqué s’aligne avec la position américaine, partagée par la N-VA et le MR. Cependant, il se poursuit par l’affirmation : « Parallèlement, comme la Belgique le répète inlassablement, le droit international doit être respecté en toutes circonstances. Nous avons tous intérêt au respect d’un ordre international basé sur des règles ». Ce message relève davantage de la sensibilité de Vooruit et des centristes.

Officiellement, la Belgique adopte donc une attitude ambivalente, mais les opinions au sein de la classe politique sont plus nettes.

À gauche, le PTB a rapidement réagi par un communiqué dénonçant « des crimes de guerre dans un objectif de pillage impérialiste ». Aucune nuance, aucune mention des droits de l’homme au Venezuela pour justifier d’une quelconque manière l’intervention américaine, contrairement à la dynamique anti-guerre de 2022 où la condamnation de l’agression russe était accompagnée de références au contexte de l’OTAN ou à l’impérialisme américain.

Le PS, en revanche, a pris une position plus modérée. Paul Magnette écrit : « On peut dénoncer le régime autoritaire de Maduro sans accepter l’ingérence impériale. Solidarité avec le peuple vénézuélien, seul souverain ». Ecolo partage un point de vue similaire : « Si nous refusons toute complaisance envers le régime autoritaire, corrompu et anti-écologique de Nicolás Maduro, nous condamnons avec la plus grande fermeté l’action illégale lancée par les États-Unis ».

À droite, bien que les opinions varient, l’intervention américaine est globalement saluée. Georges-Louis Bouchez, président du MR, s’est exprimé avec virulence contre le PTB : « Maduro est un dictateur, un criminel et un voyou de droit commun. Il faut être irresponsable pour le pleurer ou le regretter. Le vrai visage du PTB apparaît ici ». Concernant le respect du droit international, Bouchez rappelle les violations commises par Maduro, montrant ainsi son approbation de l’opération américaine.

Theo Francken de la N-VA, dans une réaction plus développée, contextualise l’action américaine dans une lutte entre puissances occidentales et anti-occidentales, se réjouissant que « le classique ‘axe des cinq’ anti-occidental (Chine, Russie, Corée du Nord, Iran, Venezuela) semble affaibli par cette confrontation ». Il exprime une compréhension des motivations américaines et reconnaît la complexité du débat sur le droit international, tout en affirmant que ce sont principalement les anti-occidentaux qui compromettent ce droit.

Reste à voir comment cette vision d’un grand conflit entre Occidental et anti-Occidental pourrait résister à un abandon de l’Ukraine ou à une annexion du Groenland, deux scénarios jugés de plus en plus probables par certains analystes. Le projet de soumission de l’Europe par l’administration américaine semble aussi déterminé, sinon davantage, que celui de la soumission de l’Amérique latine. Nous en avons été avertis…