« Complètement kafkaïen », « pas assez de vaccins » : la vaccination des ados wallons et bruxellois pose problème en Flandre

Tous les jeunes Belges âgés de 12 à 17 ans ayant déjà reçu deux doses de vaccin pourront, sur base volontaire, recevoir leur dose de rappel dans les centres de vaccination flamands. La décision a été prise par le ministre flamand de la Santé publique, Wouter Beke. « La Flandre a décidé de ne pas refuser les jeunes de 12 à 17 ans de Bruxelles et de Wallonie qui se présentent dans les centres de vaccination en Flandre« , a précisé mercredi soir sa porte-parole, Carmen De Rudder. Et si les détails pratiques sont encore en train d’être finalisés, la décision ne fait d’ores et déjà pas l’unanimité.

Selon la bourgmestre de Zaventem, Ingrid Holemans (Open VLD), une telle proposition n’est pas réaliste. Elle déplore le changement de politique d’une semaine à l’autre. « La semaine dernière, la communication était que nous n’étions pas autorisés à le faire car la Flandre n’était pas responsable de la vaccination des Bruxellois et des Wallons. Nous avons commandé le nombre de vaccins pour les personnes sur notre territoire », explique-t-elle à Bruzz. Selon elle, ce revirement change complètement la donne. « Ce n’est pas que nous ne voulons pas aider ces jeunes. Mais il ne faut pas que nous devions reporter les dates de vaccination que nous avons prévues pour les jeunes de notre territoire, ou que nous devions les renvoyer chez eux parce qu’il n’y a pas assez de vaccins », a-t-elle ajouté.

« Il est absurde que cela soit déjà possible en Flandre et pas, pour ainsi dire, un mètre plus loin dans la Région de Bruxelles-Capitale. Complètement kafkaïen », estime quant à lui Hans Bonte (Vooruit), bourgmestre de Vilvorde. Il demande au gouvernement bruxellois d’approuver rapidement le booster pour les adolescents. « Il y a des jeunes à Bruxelles qui essaient de prendre rendez-vous au centre de vaccination de Vilvorde », a-t-il précisé.

Il affirme que des jeunes venus de Bruxelles se sont présentés à Vilvorde dès le premier jour où les adolescents flamands ont pu se faire vacciner. « Malheureusement, nous devons dire non à cela », pour qui cette situation est irréaliste en termes de capacité et de ressources. « C’est pourquoi j’espère que le gouvernement bruxellois donnera rapidement son feu vert à la piqûre de rappel pour les adolescents. »

D’autres centres, à Tervuren et Zaventem, auraient également reçu des demandes d’adolescents bruxellois. Elles ont, là aussi, été refusées, rapporte la VRT.

Pas de recommandations scientifiques

En Wallonie et à Bruxelles, le booster n’est pas proposé aux mineurs à l’heure actuelle. La dernière CIM Santé, le 2 février, n’avait pas réussi à s’accorder sur ce point. Et pour cause: il n’y a pas encore de recommandation scientifique en ce sens, ni de l’EMA, l’Agence européenne des médicaments, ni du Conseil supérieur de la santé (CSS), qui a décidé d’attendre l’avis de la première. La Flandre a fait cavalier seul, poussée par la perspective des séjours de sport d’hiver en Autriche, où l’on demande de prouver l’administration d’une dose booster (ou un test PCR négatif) à partir de 12 ans si on veut éviter la quarantaine à l’entrée.