« Comment paierais-tu pour avoir les questions d’examens? »: le comportement inapproprié d’un doctorant de l’UGent refait surface

Il y a deux ans, une étudiante de l’UGent signalait le comportement « inapproprié » d’un doctorant. Messages à l’appui, l’étudiante en informatique affirmait que l’homme en question lui avait proposé de lui fournir les questions de l’examen « en échange de quelque chose ». Deux ans plus tard, la procédure est toujours en cours.

Le licenciement d’un collaborateur de la VUB, congédié pour comportements transgressifs, a cependant remis cette affaire sur le devant de la scène, puisque l’étudiante a décidé d’en reparler sur twitter. Et pour cause : contrairement à la VUB, l’Université de Gand n’a encore pris aucune décision au sujet de ce doctorant.

Morgen. « Un assistant de l’Université de Gand m’a remarquée pendant un de mes examens et m’a contactée sur Facebook. » S’en suit alors une discussion au cours de laquelle l’homme propose de voler pour elle les questions de l’examen. Sur la partie de la discussion dévoilée par l’étudiante, on peut effectivement voir l’homme préciser que si elle est intéressée, « elle doit le lui dire à l’avance ». « Comment tu paierais pour ce genre d’information? Laisse-moi te dire que mon prix n’est pas bon marché », poursuit-il. Si l’homme reste évasif sur le moyen de paiement, l’étudiante, elle, est persuadée qu’il parlait de sexe.

Toujours pas de décision

Choquée, la jeune femme signale directement l’histoire au Truspunt, la cellule spécialisée de l’UGent. On lui assure alors qu’une procédure disciplinaire a été engagée. Mais elle ne reçoit que très peu de nouvelles. « En novembre 2021, après avoir envoyé des dizaines de mails, j’ai fini par apprendre qu’une sanction avait été prononcée », explique-t-elle au Morgen. « On ne pouvait alors pas me donner plus de détails. Cependant, lorsque j’ai tweeté cette semaine, le recteur m’a envoyé un mail pour m’expliquer qu’aucun avis n’avait encore été rendu sur cette affaire. »

Contacté par le journal flamand, le recteur Rik Van de Walle a confirmé que le premier mail qu’a reçu l’étudiante était inexact. « Cela n’aurait pas dû se produire », regrette-t-il, après avoir reconnu que la durée de la procédure était très longue. « Une réponse va bientôt être fournie. Et nous allons tout faire pour éviter cela à l’avenir », a-t-il ajouté auprès de la VRT.

Pour le recteur, l’Université de Gand a déjà « franchi des étapes importantes dans le traitement lié aux comportements transgressifs ». Mais il reconnaît que des choses peuvent encore être améliorées. « Avoir un code de conduite, des étudiants psychologues, des conseillers et une hotline est une chose. Changer fondamentalement une culture dans laquelle les comportements transgressifs sont possibles en est une autre et s’avère être beaucoup plus difficile. » Il appelle en tout cas tous les étudiants qui auraient été victimes de comportements déplacés à continuer à se manifester.