Belgique

Comment garantir la sécurité du sommeil des nourrissons

« Kind & Gezin », l’équivalent néerlandophone de l’ONE, va lancer une campagne de sensibilisation. La pédiatre de l’ONE recommande fortement que le bébé dorme dans la chambre parentale les 6 premiers mois, période qui peut se prolonger jusqu’à son premier anniversaire.

Quatre conseils fondamentaux

Suite à un constat établi en Flandre, relayé par le journal « De Standaard », l’organisme « Kind & Gezin », équivalent néerlandophone de l’ONE, s’apprête à lancer une campagne de sensibilisation. Les mêmes recommandations peuvent être trouvées sur le site de l’Office Nationale de l’Enfance. Quatre conseils sont à noter.

Le premier : faire dormir le nourrisson sur le dos

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« Il y a eu de grandes études épidémiologiques dans les années 90 concernant la position sur le dos. Elles ont mis en évidence une réduction drastique du risque de mort subite. On est alors passé de 2 ou 3 pour mille à moins de 0,5 pour mille naissances. Et depuis, ça n’a jamais été contredit », précise Marianne Michel, pédiatre et conseillère à l’ONE.

« La position sur le ventre augmente le risque d’apnée du sommeil, d’arrêt cardiorespiratoire au niveau du sommeil. On pense qu’il y a une difficulté pour le bébé de réguler sa respiration dans cette position-là, en particulier dans des situations où il sera plus vulnérable. »

Et ce conseil doit être régulièrement réitéré par le corps médical. « A l’époque où l’incidence des décès des nourrissons était très élevée, la perception de ce phénomène était très forte. À partir du moment où on a pu le réduire, la perception peut être différente et nécessite parfois d’être rappelée. »

Dans le passé, la position ventrale était même recommandée, notamment pour les enfants ayant des reflux gastriques. « Il n’a pas été démontré que l’enfant risquait plus lors de régurgitations s’il était sur le dos. »

Mais que faire si le bébé se met de lui-même sur le ventre ? « Souvent, il est déjà un peu plus âgé et a acquis une capacité de mouvement. Je dirais qu’a priori, il ne faut pas forcément le remettre sur le dos. Mais s’il est encore très jeune, je conseille aux parents d’en discuter avec leur pédiatre pour bien évaluer l’état de maturité du bébé.« 

Le deuxième : un lit le moins encombré possible

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Il est crucial de limiter le contenu du lit d’un nourrisson. Il n’est pas nécessaire de l’entourer de peluches : un doudou ou un petit ours en peluche suffisent. Selon notre spécialiste, « ça peut paraître un peu triste, mais la sécurité est là. Si un objet venait à entrer dans sa bouche, il n’a pas la maturité ; il est complètement dépendant de l’adulte qui s’occupe de lui. Et celui-ci ne peut pas l’observer en permanence pour retirer un objet qui pourrait le mettre en difficulté. »

Il ne faut pas d’objets qui pourraient nuire aux voies respiratoires. Pas de couvertures, de draps ni d’oreillers : il faut privilégier le sac de couchage, également connu sous le nom de gigoteuse.

Troisième : dormir dans son lit

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La question du lieu où faire dormir le bébé se pose souvent pour les parents : dans une chambre séparée, dans la chambre des parents, ou encore dans le lit des parents ?

Durant les premiers mois, il est recommandé que le lit ou le berceau soit installé dans la chambre des parents. La pédiatre de l’ONE insiste même sur le fait que le bébé devrait dormir dans la chambre parentale durant les six premiers mois, période qui peut s’étendre jusqu’à son premier anniversaire.

Des « cododos » (lit accolé à celui des parents et à la même hauteur) sont disponibles sur le marché depuis quelques années. Toutefois, une règle fondamentale doit être respectée : le bébé ne doit pas dormir dans le lit des parents. « C’est une recommandation qui n’est pas toujours facile à appliquer. Pourtant, le partage du lit est considéré comme dangereux. » Le bébé pourrait être étouffé, par exemple, par un coussin ou la couette.

Quatrième : dormir dans une chambre saine

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Le dernier conseil concerne l’environnement. Il est essentiel d’aérer la chambre du bébé et de veiller à ce qu’elle ne soit pas trop chaude (environ 18-20 degrés). De plus, toute la maison devrait être « non fumeur » et pas uniquement la chambre de l’enfant.

Et à la crèche ?

Les mêmes principes s’appliquent également dans les crèches. L’enfant doit dormir sur le dos : « on vérifie souvent comment l’enfant est positionné dans son lit », explique Hajar Aroud, puéricultrice. Dans son lit, il peut avoir un seul doudou : « cela fait partie de sa sécurité affective ».

Un thermomètre est présent dans la chambre pour s’assurer que la température est adéquate. Dans une crèche du Brabant wallon, il a été précisé qu’une obscurité totale n’était pas souhaitée pour permettre aux puéricultrices de contrôler la couleur de la peau de l’enfant, indicatrice d’un éventuel problème.