Classes de neige annulées : 186 élèves de Charleroi ne partent pas.
Stéphanie, maman d’une élève de l’école communale Les Fougères à Couillet, a déclaré : « Nous avions rendez-vous pour le départ à 20h30 et avons été prévenus deux heures plus tôt. » Selon Julie Patte, échevine de l’Enseignement, toute la journée de vendredi a été consacrée à tenter de débloquer la situation, et elle a précisé : « Je tiens vraiment à m’excuser pour ce délai. »
« Nous avions rendez-vous pour le départ à 20h30 et avons été prévenus deux heures plus tôt. On a vraiment cru à une mauvaise blague ! », raconte Stéphanie, mère d’une élève de l’école communale Les Fougères à Couillet.
Sa fille Clara, tout comme 185 autres élèves scolarisés à Charleroi, a du mal à accepter l’annulation de son voyage scolaire à Marcinelle en Montagne, annoncée en dernière minute. « J’attendais ce moment depuis des semaines. Je suis triste et en colère. »
Cette colère est d’autant plus forte que certaines familles ont engagé des dépenses conséquentes pour préparer ce séjour. « Certains parents se sont saignés pour payer ce voyage à leur enfant. On ne peut pas l’annuler comme ça… J’ai fait le calcul, j’ai dépensé près de 500 euros en équipements de ski et vêtements thermiques ! » déclare la mère d’une autre élève.
La raison de cette annulation ? La maire de Saint-Nicolas-la-Chapelle a décidé de fermer le chalet qui devait accueillir les élèves, en raison de problèmes de sécurité.
« Jeudi soir, nous avons appris avec effarement que la mairie avait remis un avis de fermeture », explique Julie Patte, échevine de l’Enseignement, qui qualifie cette décision d' »incompréhensible ».
Le site savoyard appartient à la Ville de Charleroi, mais il est exploité par un concessionnaire privé. Le blocage concerne la visite finale des pompiers, nécessaire pour valider officiellement plusieurs travaux de sécurité réalisés par le concessionnaire. Cette visite a été demandée depuis le mois de juin, mais n’a toujours pas été effectuée selon la Ville et la Régie communale autonome (RCA). « La situation était pourtant connue depuis des mois », s’insurge Antoine Tanzili, directeur de la RCA. « D’ailleurs, le 19 décembre dernier, la mairie évoquait encore son intention de prolonger l’ouverture du chalet dans l’attente de cette visite des pompiers. Puis, quinze jours plus tard, sans élément nouveau, un arrêté de fermeture est tombé la veille du départ des enfants. »
Le directeur de la Régie et l’échevine évoquent aussi le contexte de vigilance accrue après le drame qui a eu lieu récemment à Crans-Montana, en Suisse. « Je ne peux évidemment que saluer qu’on prenne toutes les dispositions en matière de sécurité. Mais ici, le concessionnaire a réalisé les travaux demandés. Nous sommes donc victimes d’une lenteur administrative et d’un manque d’anticipation. »
Face à cette annonce tardive, les parents n’ont été avertis que deux heures avant le départ des cars. « Je comprends leur colère et tiens vraiment à m’excuser pour ce délai », réagit Julie Patte. Elle précise qu’elle a consacré toute la journée de vendredi à tenter de débloquer la situation. « Le département de la Savoie nous envoyait des signaux encourageants, nous demandant d’attendre avant d’annuler. Nous avons voulu croire jusqu’au bout qu’une solution était possible. »
Au total, près de 1.000 élèves doivent partir en classe de neige, répartis en cinq groupes. L’urgence pour la Ville est désormais de permettre le départ du deuxième contingent, prévu vendredi prochain. « Nous déployons toute notre énergie pour débloquer la situation lundi ou mardi », déclare Antoine Tanzili. « Si les séjours suivants ont lieu, une solution sera ensuite recherchée pour le premier contingent de 186 élèves, via un départ ultérieur ou une réorganisation. »
En attendant, la Ville et la RCA prévoient de rencontrer les familles concernées ce lundi.
Des actions en justice ne sont pas exclues à terme, mais, insiste Julie Patte, « la priorité reste que les enfants puissent vivre ce séjour pour lequel ils se sont préparés depuis des mois. »
Pour rappel, la Ville de Charleroi, en grandes difficultés financières, envisage de vendre ce site de Marcinelle en montagne, très coûteux. C’est donc peut-être la dernière année en Savoie pour les élèves carolos, si la situation se débloque…

