Belgique

Chômage : les exclus affluent au CPAS de Namur, budget en péril

La Présidente du CPAS, Dorothée Klein (Engagés), a affirmé que le budget 2026 « est à l’équilibre », tout en indiquant qu’il a fallu puiser 4 millions dans les réserves pour équilibrer les dépenses et les recettes. Selon les projections de la directrice générale financière de la ville, le déficit du CPAS pourrait atteindre – 2 millions en 2027, – 4,6 millions en 2028, – 6,5 millions en 2029, – 6,6 millions en 2030 et – 6,7 millions en 2031.


La Présidente du CPAS a tenu à rassurer en présentant le budget 2026 : « il est à l’équilibre », affirme Dorothée Klein (Engagés), qui admet toutefois qu’il a fallu utiliser 4 millions d’euros des réserves pour équilibrer les dépenses et les recettes. « Les réserves sont désormais épuisées ».

En réalité, le budget du CPAS est structurellement en déficit depuis plusieurs années. « Le nombre de demandeurs du revenu d’intégration n’a pas cessé d’augmenter ces dernières années, notamment après le Covid et la crise de l’énergie ». Fin 2025, 4 300 personnes bénéficiaient d’un revenu d’intégration via le CPAS de Namur. Ce chiffre a connu une forte augmentation depuis le début de l’année, avec l’arrivée des premiers exclus du chômage.

« Environ 300 demandes supplémentaires ont été enregistrées depuis le début janvier », explique D. Klein. « Si les estimations de l’Onem sont exactes, nous devrons allouer entre 1 500 et 1 700 revenus d’intégration supplémentaires avant la fin de l’année. »

### Un déficit budgétaire qui risque de se creuser chaque année

Pour la première année de cette réforme du chômage, le gouvernement fédéral s’est engagé à prendre en charge 100 % des nouveaux revenus d’intégration à la charge des CPAS. « Cela ne nous coûtera que 200 000 euros supplémentaires en 2026 », calcule D. Klein. Cependant, cette prise en charge sera dégressive les années suivantes : 90 %, 80 %, 75 %. La différence devra alors être supportée par les CPAS.

« Nous prenons des mesures pour diminuer les dépenses et augmenter les recettes du CPAS », précise D. Klein. « Par exemple, le tarif journalier dans nos maisons de repos augmente de 2 euros. »

Il reste que, selon les projections de la directrice générale financière de la ville, la réforme du chômage va creuser un trou colossal dans les finances du CPAS : – 2 millions en 2027, – 4,6 millions en 2028, – 6,5 millions en 2029, – 6,6 millions en 2030 et – 6,7 millions en 2031.

### Les CPAS sur la paille

Les conseillers de l’opposition tirent la sonnette d’alarme. « Le déficit cumulé du CPAS pourrait grimper à 38 millions d’euros dans 5 ans », estime Fabian Martin, chef de groupe PS.

L’opposition soulève le risque que le coût de la réforme du chômage soit tout simplement présenté aux Namuroises et aux Namurois. Philippe Noël, chef de groupe Ecolo et ancien président du CPAS, conclut : « L’objectif premier de la réforme est de remettre les personnes au travail. Je paraphrase. La conséquence première de la réforme est de mettre les CPAS sur la paille. »