Chine : détail technique révolutionnant l’esthétique des voitures électriques.
Les poignées de portes rétractables, popularisées par Tesla en 2012, représentent près de 60% du parc électrique et hybride en Chine. À partir du 1er janvier 2027, toutes les voitures vendues en Chine devront être équipées de poignées extérieures et intérieures mécaniques, clairement visibles et actionnables sans alimentation électrique.
Ces poignées de porte rétractables, également appelées affleurantes, ont été popularisées par Tesla en 2012. Elles sont devenues un standard esthétique, mais pas seulement. Elles se rétractent complètement dans la voiture lorsqu’elle est verrouillée via une clé électronique, un smartphone, ou par simple pression manuelle. Ce mécanisme optimise l’aérodynamisme, réduit la consommation et augmente l’autonomie. Cette solution est adoptée par les constructeurs du monde entier, en Asie, en Amérique et en Europe.
En Chine, près de 60 % du parc automobile électrique et hybride en est équipé. Ces poignées fonctionnent grâce à des mécanismes électriques, ce qui signifie que sans électricité, les portes restent bloquées.
Un manque de sécurité avec les poignées de portes rétractables confirmé après plusieurs accidents
Ce problème n’est pas récent. Plusieurs tragédies l’ont démontré : en Allemagne, les secours n’ont pas pu ouvrir immédiatement une Tesla accidentée. Aux États-Unis, en 2019 puis en 2024, des passagers ont été piégés dans des véhicules en feu, incapables d’actionner une poignée mécanique. En Chine, un accident très médiatisé a convaincu les autorités, un conducteur n’ayant pas pu sortir de son véhicule et les secours n’ayant pas pu intervenir à temps.
Face à cette série d’incidents, Pékin a décidé : à partir du 1er janvier 2027, toutes les voitures vendues en Chine devront être équipées de poignées mécaniques extérieures et intérieures, clairement visibles et actionnables sans aucune alimentation électrique. Le ministère chinois de l’Industrie impose des exigences précises :
- Dimensions minimales des zones de préhension,
- Signalétique obligatoire à l’intérieur,
- Présence d’au moins une commande mécanique de déverrouillage.
Tout le marché automobile électrique concerné
Ce changement aura de nombreuses répercussions. C’est la première fois qu’un État interdit une solution de design devenue standard dans l’industrie. Jusqu’à présent, ces choix étaient entièrement laissés aux constructeurs. Concrètement, à partir du 1er janvier 2027, les voitures neuves vendues en Chine devront être dotées de ces poignées mécaniques. Les modèles déjà homologués bénéficieront d’un délai supplémentaire de 25 mois pour se conformer.
Tous les constructeurs, qu’ils soient chinois ou étrangers, devront s’adapter. Certaines marques chinoises, bien sûr, avaient déjà anticipé cette évolution en revenant à des poignées classiques. Étant donné que la Chine est le premier marché mondial du véhicule électrique, aucun constructeur ne peut se permettre de s’en exclure. Les constructeurs étrangers présents en Chine, tels que Tesla, Kia, ainsi que les Européens, Japonais et Américains, seront également concernés. Ce changement aura un impact plus vaste puisque tous les groupes mondiaux qui conçoivent des plateformes pour plusieurs marchés seront affectés ; développer deux systèmes de poignées — un pour la Chine et un pour le reste du monde — serait économiquement illogique. Les chaînes de production devraient être doublées, augmentant ainsi les coûts et les délais de développement.
Effet d’entraînement suite à ce changement en Chine
Le retour à des poignées mécaniques ne constitue pas un simple détail esthétique. Cela nécessitera des modifications des plateformes existantes. Le redesign des portières et de leur électronique impactera l’aérodynamique et donc l’autonomie des véhicules électriques. De plus, des investissements industriels conséquents seront nécessaires car les chaînes de production devront être ajustées.
Étant donné l’importance du marché chinois, ce qui est obligatoirement appliqué en Chine tend souvent à devenir la norme globalement pour les constructeurs automobiles. Il pourrait également y avoir un effet d’entraînement réglementaire : les autorités européennes ou américaines pourraient prendre exemple sur la situation chinoise pour renforcer leurs propres règles de sécurité.

