Belgique

Cher Saint-Nicolas en chocolat : un plaisir de luxe à venir ?

Les prix du cacao sont restés élevés malgré une détente apparente, ayant été multipliés par 4 il y a un an, dépassant les 12.000 dollars la tonne, pour retomber cet automne autour des 7000 dollars. En moyenne, les chocolats de Saint-Nicolas cette année sont 27% plus chers qu’en 2024 et 41% de plus qu’en 2023, selon Test Achat.


Commençons par une bonne nouvelle : une baisse des prix du cacao semble se dessiner. Toutefois, il est important de signaler que cette baisse ne signifie pas que les prix seront bas.

Une telle détente implique qu’il y a eu une contraction auparavant. C’est effectivement le cas : depuis deux ans, la Côte d’Ivoire et le Ghana, qui représentent à eux seuls environ 70 % du cacao mondial et 82 % de celui utilisé par l’industrie belge, subissent des difficultés intenses : maladies des cacaoyers, événements climatiques extrêmes et vieillissement des plantations. En conséquence, les récoltes se sont effondrées sur le marché international, faisant exploser les prix à des niveaux historiques, multipliés par quatre, atteignant plus de 12 000 dollars la tonne il y a un an, puis retombant cet automne autour de 7 000 dollars, soit deux à trois fois plus qu’avant la crise.

## Détente en perspective sur les prix du cacao… avec une inconnue : le climat

Une détente des prix du cacao semble bien engagée. Les experts prévoient un excédent, ce qui permettrait de reconstituer les stocks et de stabiliser les marchés. Cependant, une réduction des prix en magasin ne sera pas immédiate. Les contrats sont conclus plusieurs mois à l’avance, et les coûts de transport ainsi que d’énergie demeurent élevés.

Le consommateur ne profitera de cette détente que dans quelques mois… si elle se confirme. En effet, une inconnue de taille subsiste : le climat. Les événements météorologiques extrêmes se multiplient et les maladies se propagents plus rapidement. Des chercheurs évoquent même le risque que le cacao devienne un produit de luxe si cette tendance perdure.

## Les alternatives progressent pour du chocolat sans vrai cacao

Le cacao cultivé en laboratoire et le chocolat sans cacao suscitent un fort intérêt chez les grands industriels, y compris Barry Callebaut, qui investissent massivement dans ces innovations. Bien qu’elles ne puissent remplacer le cacao naturel, ces alternatives pourraient atténuer les crises à venir.

Pour les consommateurs, la situation est de plus en plus désagréable. Du côté des volumes, l’augmentation des prix commence à avoir des répercussions : en Europe de l’Ouest, les ventes de Barry Callebaut ont chuté de presque 7 %, ce qui indique un désintérêt croissant des consommateurs face à des prix trop élevés.

Concernant les chocolats de Saint-Nicolas cette année, ils sont en moyenne 27 % plus chers qu’en 2024, et 41 % plus chers qu’en 2023 selon Test Achat.

## Le chocolat, plus qu’un simple plaisir pour la Belgique : une industrie alimentaire à grande échelle

La Belgique importe 10 % de la production mondiale de cacao, dont plus des trois quarts proviennent d’Afrique de l’Ouest, particulièrement touchée par les impacts du changement climatique.

Chaque Belge consomme en moyenne 5 kg de chocolat par an. Le pays en produit 600 000 tonnes annuellement, se positionnant comme le deuxième exportateur mondial.

Avec près de 15 000 emplois et un chiffre d’affaires annuel de plus de 10 milliards d’euros, le secteur belge de l’industrie du chocolat, ainsi que de la praline, de la biscuiterie et de la confiserie, est l’un des domaines les plus significatifs de l’industrie alimentaire belge. Le port d’Anvers abrite le plus grand entrepôt de cacao au monde et est le deuxième port cacaoyer d’Europe. Barry Callebaut, premier producteur mondial, possède à Wieze la plus vaste chocolaterie du globe et, à Lokeren, le plus grand centre de distribution.

## Les chocolatiers tentent de limiter la casse

De nombreux chocolatiers ont absorbé une partie de la hausse des coûts – parfois jusqu’à 70 % d’augmentation des matières premières – en réduisant leurs marges ou en adaptant leurs recettes : moins de cacao dans les produits, davantage de sucre ou d’autres matières grasses. La technique de la réduflation a été mise en œuvre, réduisant le poids des tablettes de chocolat tout en maintenant le même prix.

Mon cher Saint-Nicolas… en chocolat.