Belgique

Charleroi : l’ULB lance son supercalculateur pour l’intelligence artificielle

Lyra est une immense machine inaugurée par l’Université libre de Bruxelles, située au cœur de l’A6K, centre technologique carolo. Le centre de données de l’ULB, qui héberge Lyra, a été financé par la Wallonie à hauteur de 1,7 million d’euros.


Deux armoires remplies d’ordinateurs empilés les uns sur les autres, portant le nom de Lyra, constituent une machine immense, produisant un bruit assourdissant en raison de la ventilation qui fonctionne à plein régime. Ce système a été inauguré par l’Université libre de Bruxelles, au sein de l’A6K, un centre technologique situé à Charleroi.

Raphaël Leplae, directeur des Technologies au sein du département Informatique de l’ULB, explique que cette nouvelle machine « permet à des chercheurs de développer et d’utiliser des codes, des applications qui peuvent tourner sur ce supercalculateur et qui peuvent bénéficier de sa puissance de calcul ».

L’intelligence artificielle est devenue un enjeu majeur dans le domaine scientifique. Grâce à cette machine, il est possible de réaliser des calculs basés sur des modèles d’intelligence artificielle. « On peut faire des modèles qui vont nous permettre de faire des prédictions », précise Raphaël Leplae. Il donne l’exemple suivant : « On entraîne une IA à faire la différence entre des images médicales de patients sains et celles de patients malades. Ensuite, quand l’IA a été entraînée, on peut la faire tourner sur les images d’un [vrai] patient, sans savoir s’il est sain ou s’il est malade, et elle sera capable de le déterminer. » Un autre exemple concerne la création d’éoliennes, où différents types de pales sont testés en simulant le passage du vent pour évaluer leur efficacité.

Pour le milieu scientifique, l’intelligence artificielle est aujourd’hui essentielle. D’autant que « les chercheurs en Belgique sont en compétition permanente avec les chercheurs du monde entier », souligne Raphaël Leplae. Il mentionne également l’investissement massif de l’administration Trump aux États-Unis, qui a consacré des milliards à la construction de méga data centers dédiés à l’intelligence artificielle.

Les premières conceptions de Lyra ont débuté il y a presque six ans, au moment de la crise du Covid, qui a impacté de nombreux secteurs, y compris l’informatique, obligeant à une transition vers le numérique, selon Annemie Schaus, rectrice de l’ULB. Ce contexte a nécessité adaptation et innovation rapide.

Lyra est interconnectée avec tous les supercalculateurs des universités francophones de Belgique, ce qui représente un avantage significatif, car chaque établissement possède un supercalculateur spécialisé dans un domaine particulier. « À Louvain-la-Neuve ou à Liège, les supercalculateurs permettent de faire des calculs massivement parallèles », explique-t-on.

Cette spécialisation et le partage des ressources visent à optimiser les investissements et à développer les compétences de chaque machine. Cela permet à un chercheur de l’ULB d’exécuter du code à Liège ou à Louvain, tout comme un chercheur de Namur ou de Mons peut le faire à l’ULB. Le nouveau centre de données de l’ULB, qui abrite Lyra, a été financé par la Wallonie à hauteur de 1,7 million d’euros.