Catastrophe ferroviaire Buizingen: « Infrabel et la SNCB n’ont rien appris de l’accident de Pécrot »

Infrabel et la SNCB n’ont tiré aucune leçon de l’accident ferroviaire de Pécrot en 2001, selon l’un des avocats de la partie civile. « Le problème qui s’est posé à Buizingen est identique à celui de Pécrot. Il n’y avait aucun moyen technique pour surmonter l’échec humain », a-t-il déclaré, lors des répliques jeudi, devant le tribunal de police de Bruxelles. Dans ce procès, la SNCB, Infrabel et un conducteur de train sont prévenus pour avoir commis des fautes ayant conduit à la catastrophe ferroviaire de Buizingen, survenue le 15 février 2010. Infrabel et la SNCB se sont, après l’accident ferroviaire de Pécrot, trop axées sur l’aspect humain pour garantir la sécurité du chemin de fer et ont trop peu coopéré sur les aspects techniques de la sécurité du rail, selon l’un des conseils de la partie civile.

« Dans le procès de la catastrophe de Pécrot, la SNCB a été condamnée pour ne pas avoir disposé de moyens techniques capables d’arrêter un train si le conducteur, pour quelque raison que ce soit, a passé un signal rouge. Nous ne pouvons que conclure que la situation à Buizingen est identique à ce qu’il s’est déjà passé à Pécrot », a déclaré l’avocat.

Une autre avocate de la partie civile a également déploré que la SNCB et Infrabel se renvoient la balle. « Pour la SNCB, dire que le système Memor dans le train n’aurait pas été utile est inadmissible venant d’une société qui se doit d’être prudente et diligente. Et soutenir ensuite que, par contre, le système IOT [géré par Infrabel] était lui indispensable, c’est incroyable », s’est exprimée l’avocate.

« Selon la commission d’enquête parlementaire sur la catastrophe, 8% des trains en Belgique étaient équipés d’un système de freinage d’urgence automatique. Dans les pays européens qui nous entourent, c’était 60 à 90%. Si ce n’est pas une indication d’un manque de précaution, de quoi s’agit-il? », a encore interrogé une autre avocate.

L’ensemble des conseils de la partie civile a réaffirmé, jeudi, que la présence du système Memor ainsi que celle du système IOT et un changement de cap du train L auraient pu éviter la catastrophe ferroviaire.

Le 15 février 2010, un train L Louvain-Braine-le-Comte a percuté un train IC Quiévrain-Liège-Guillemains à hauteur de Buizingen (Brabant flamand), faisant dix-neuf morts, une trentaine de blessés graves et une centaine de blessés légers.

Le conducteur du train L est suspecté d’avoir brûlé un feu rouge, ce qu’il a toujours nié. La SNCB, opérateur du réseau ferroviaire, et Infrabel, gestionnaire du réseau, sont quant à elles suspectées de négligence en matière de sécurité.