Belgique

Bruxelles ne mérite pas un conclave, selon les observateurs.

Depuis les années 80, la politique belge a recours à un conclave lorsque des nœuds semblent indémêlables. Dirk De Smedt, ministre du Budget d’Anders, a annoncé il y a quelques jours que le déficit était près d’un quart moins élevé que prévu et qu’il ne resterait plus qu’un milliard à trouver.

Négociations à Bruxelles : à la manière d’un conclave

Lorsque la situation devient complexe, la politique belge opte pour un conclave, une pratique observée depuis les années 80. Ce processus consiste à s’enfermer à l’abri des regards, tout en subissant la pression médiatique à l’extérieur. Le conclave est une méthode de négociation, mais il permet également de façonner une narrative. En effet, il crée une attente et un suspense. Se regrouper, déjeuner ensemble, et passer d’intenses moments ensemble ressemble à un camp d’été ou à une activité de cohésion d’équipe. Georges-Louis Bouchez, président du MR, mise sur cet effet médiatique pour obtenir un accord, qui échappe pour l’instant à tous, y compris à ceux qui cherchent à prendre l’initiative, tel Yvan Verougstraete, président des Engagés, cela fait maintenant 600 jours.

Changement de position d’Anders concernant la N-VA

Cette fois-ci, les négociateurs alimentent un réel espoir, plus que lors des précédentes discussions. Un élément clé a évolué : le VLD, devenu Anders, ne conditionne plus la présence de la N-VA à la table des négociations. Cela permet de contourner le véto du Parti socialiste vis-à-vis des nationalistes flamands. Cela prouve qu’un préalable peut toujours être renégocié, même si son coût est élevé.
C’est pourquoi Anders a été très vocal dès le début et Frédéric De Gucht a évoqué cela dans Matin Première. Le prix qu’Anders demande pour sa renonciation est élevé : « Un retour à l’équilibre budgétaire en 2029, donc un allègement fiscal pour la classe moyenne, une simplification du paysage institutionnel et administratif et une approche résolue en matière de sécurité, en particulier dans les gares de Bruxelles-Midi et de Bruxelles-Nord et dans leurs environs« .

Amélioration de la situation budgétaire

Ces conditions semblent désormais négociables pour les autres partis, notamment pour le PS. Des discussions préalables entre le PS et Anders ont permis d’explorer des solutions créatives (les détails m’ont échappé) qui pourraient permettre un retour à l’équilibre en 2029, sans se limiter à des économies sur les services publics ou sur les subventions au secteur non-marchand. Un équilibre rendu possible par une récente amélioration des prévisions : Dirk De Smedt, ministre du Budget pour Anders, a annoncé il y a quelques jours que le déficit était presque un quart moins élevé que prévu, ne laissant qu’un milliard à trouver… ce qui semble désormais réalisable, y compris pour les socialistes.

L’échec est encore envisageable à Bruxelles

Cependant, la table des négociations ne comprend pas uniquement les socialistes et les libéraux, et le conclave pourrait échouer : la question de la mobilité entre les Verts flamands et le MR s’annonce complexe. Le CD&V, qui n’aura pas de poste au gouvernement puisque quatre personnes se disputent trois strapontins, ainsi que les questions communautaires que les partis flamands ont soulevées et les débats sur la laïcité entre le MR et le PS, constituent des défis majeurs.

En résumé, il serait aisé d’élaborer une longue liste des obstacles, mais les partis n’ont pas passé 600 jours à se regarder en face uniquement pour des histoires d’ego ou des préalables, comme le souligne parfois la presse, mais parce qu’il existe entre eux de réelles divergences sur des enjeux fondamentaux et des visions politiques concernant Bruxelles. Pourtant, tous ces partis conviennent d’une chose : Bruxelles mérite bien un conclave.