Belgique

Bruxelles : le MR ne doit pas oublier les socialistes ni son passé

Boris Dilliès, actuel bourgmestre d’Uccle, a été appelé à 7 h le matin et est déjà au cœur d’une polémique concernant sa faible maîtrise du néerlandais. Cela fait presque 22 ans, depuis 2004, qu’un libéral n’a plus été ministre-président, une durée particulièrement longue dans une région auparavant libérale.

« Nous verrons » : le néerlandais de Boris Dilliès soulève déjà des questions

Le nom du ministre-président du MR était très attendu. Sans surprise, Georges-Louis Bouchez a une fois de plus joué l’effet de surprise, laissant entendre qu’il pourrait lui-même se porter candidat, alimentant les rumeurs et attendant le dernier moment, savourant manifestement son rôle d’influenceur.

Finalement, un nom qui ne circulait pas dans les couloirs de la Toison d’Or a émergé : le bourgmestre actuel d’Uccle, Boris Dilliès. Contacté le matin à 7 h, il a rapidement fait l’objet d’une polémique concernant sa maîtrise limitée du néerlandais. Après avoir répondu « we zullen zien » à presque toutes les questions posées par les journalistes néerlandophones, la critique d’un bourgeois francophone a refait surface dans la presse du nord. Ce reproche avait déjà été adressé à un autre ministre-président libéral bruxellois il y a plus de 20 ans, Daniel Ducarme, décédé depuis.

Boris Dilliès, à l’instar de Daniel Ducarme, a annoncé qu’il allait améliorer son néerlandais. We zullen zien, donc.

Un poste décisif pour le MR

Pour le MR, la nomination de Boris Dilliès est de toute évidence décisive. Il y a presque 22 ans, en 2004, qu’un libéral n’a pas occupé le poste de ministre-président. Cette période est particulièrement longue dans une région autrefois perçue comme libérale. Boris Dilliès doit incarner le retour des libéraux au pouvoir, effaçant les traces des socialistes qui ont longtemps dirigé, mais aussi — c’est paradoxal — le souvenir des libéraux passés.

Ces 22 années dans l’opposition résultent en grande partie des erreurs commises par les derniers libéraux au pouvoir. Pour revenir en arrière, en 1999, Jacques Simonet, une figure politique libérale prometteuse, accède enfin à la ministre-présidence. Leader talentueux et respecté, il succède à dix années de gouvernance socialiste sous Charles Picqué. Comme aujourd’hui, les attentes autour de cette alternance sont immenses.

Cependant, les libéraux vont eux-mêmes précipiter leur chute. Un an plus tard, lors des élections communales, le bourgmestre de Bruxelles-Ville, François-Xavier de Donnea, perd sa fonction. Le PRL ne trouve rien de mieux que de renvoyer Simonet. Moins de trois ans plus tard, Daniel Ducarme, président du PRL, se sent capable de limoger De Donnea et prend les rênes de la Région, avec son néerlandais approximatif. Huit mois après, il est contraint de démissionner suite à la révélation d’un oubli fiscal récurrent. Simonet revient, mais c’est trop tard : quatre ministres-présidents en une législature, les libéraux ont raté leur chance. Leurs adversaires, notamment le PS, les accusent de « ne pas aimer Bruxelles« , un reproche qui les suit depuis. On l’a encore entendu lors des récentes négociations menées par le Wallon Georges-Louis Bouchez.

Des libéraux attachés à Bruxelles

Boris Dilliès doit donc prouver que pour le MR, Bruxelles est réellement importante. Le changement d’image des libéraux, lié à David Leisterh, a dégoûté, et passera inévitablement par Boris Dilliès et par une transformation de l’image de Bruxelles. Cela nécessitera des résultats tangibles, bien sûr, en matière de propreté, de sécurité, de mobilité et d’économie. Le problème est qu’il ne reste plus que trois années avant la prochaine campagne en 2029.