Belgique

Bruxelles commémore les attentats de 2016 : une tragédie marquante.

Les mots « Oublier et se souvenir » sont affichés en grand et en blanc sur les murs de la station de métro Maelbeek. À 7h58 précises, deux bombes avaient soufflé une partie du hall des départs de l’aéroport de Zaventem.

« Oublier et se souvenir ». Ces mots lumineux sont bien en vue sur les murs de l’entrée de la station de métro Maelbeek. Des passants avancent, prêts à prendre un bus ou à se diriger vers le métro. Ils ont terminé leur journée de travail ou se préparent à la commencer. Ils s’apprêtent peut-être à retrouver des amis, de la famille, à aller au cinéma, boire un verre ou tout simplement à se promener. La vie continue. Cependant, « Oublier et se souvenir » reste imprimé, grand et blanc, sur les murs grisâtres.

« Larmes de pluie »

À quelques encablures de là, entre le rond-point Schuman et le parc du Cinquantenaire, un monument. Deux grandes plaques d’acier de 20 mètres de long se font face, s’élevant à deux mètres de haut à une de leur extrémité. Elles semblent s’élancer vers le ciel, presque se rejoindre, mais sans jamais se toucher. Cela symbolise la place laissée au dialogue et à l’espoir.

L’acier inoxydable, conçu par l’artiste bruxellois Jean-Henri Compère, reflète le temps, tant la météo du jour que le temps qui s’écoule. Dans les socles en pierre qui entourent l’acier, des nuages gris et des « larmes de pluie » évoquent la tristesse. Cela n’empêche pas le soleil, lorsqu’il brille, de se refléter sur l’acier et dans les crevasses, symbolisant ainsi la confiance en l’avenir. Dans l’acier, on peut également apercevoir des entailles, métaphores des stigmates laissés par les actes terroristes.

Ce monument porte le nom : « Blessés mais toujours debout face à l’inconcevable » (raccourci en « toujours debout »).

Au cœur du quartier européen, cette sculpture véhicule un message clair : rendre hommage aux victimes des attentats survenus depuis 2015 sur le sol européen.

L’inconcevable

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Message du roi Philippe après les attentats de Bruxelles

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Bruxelles attaquée

Avant de prendre les transports en commun pour se rendre sur leur lieu de travail, de nombreuses personnes entendent déjà des échos de ce qui se passe à l’aéroport. Des bribes d’informations circulent, mais restent floues. Néanmoins, il est temps de se mettre en route pour commencer la journée.

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Nous sommes un mardi matin. Il est 9h11. Une section du deuxième wagon de la rame de métro qui s’apprête à quitter la station Maelbeek vers Arts-Loi explose. Un kamikaze s’est fait sauter avec son sac à dos. L’explosion est puissante. Le conducteur sort de sa cabine et se retrouve face à l’insoutenable. Il tentera de sauver le plus de victimes possibles. « C’était indescriptible », confiera-t-il. Un premier policier viendra lui prêter main-forte treize minutes plus tard. Christian, le conducteur, reprendra son service dès le lendemain, mais il restera hanté par les images, les odeurs et les sensations. « Je devrai vivre avec ça jusqu’à la fin », dira-t-il.

Une bonne heure avant la tragédie, à 7h58 précises, deux bombes ont éclaté dans le hall des départs de l’aéroport de Zaventem. Le plan catastrophe a été déclenché et les autorités ont relevé le niveau d’alerte à quatre, le maximum.

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Les moments clés des attentats de Bruxelles

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À Brussels Airport ainsi que dans le quartier européen, les sirènes hurlent, les survivants fuient ou tentent de secourir les autres tant bien que mal. Dans le souterrain de Maelbeek, des passagers s’échappent de la rame de métro éventrée par le tunnel. La fumée et l’obscurité amplifient la scène apocalyptique. À Zaventem, le hall est dévasté, l’horreur règne.

Tension maximale

« On était dans une phase où on s’y attendait » , déclare Frédéric Van Leeuw. En effet, le climat était déjà extrêmement tendu ce matin-là, le 22 mars 2016.

Une semaine auparavant, des perquisitions policières avaient eu lieu à Forest. Dans un appartement de la rue Dries que l’on pensait inoccupé, les forces de l’ordre belgo-françaises ont été accueillies par des tirs de kalachnikov et de riot-gun. Un périmètre de sécurité a été installé avant qu’un assaut ne soit lancé en début de soirée. Mohammed Belkaid, le tireur, est abattu. Dans l’appartement, on trouve des armes, un livre sur le salafisme, un drapeau de l’état islamique… mais aussi des empreintes digitales, celles de Salah Abdeslam.

L’étau se resserre autour d’Abdeslam. Cet homme, considéré comme l’ennemi public n°1, avait fui l’appartement de Forest. Impliqué dans les attentats de Paris du 13 novembre 2015, qui ont causé 130 morts et plus de 400 blessés, il est activement traqué. En Belgique, un lock-down a été décrété, le niveau de menace placé à 4, des militaires déployés dans les rues, des opérations policières intensifiées. Un climat pesant, fait de tristesse, de peurs, de suspicions et d’enquêtes discrètes, résumait alors l’actualité des deux semaines qui ont suivi les attentats de Paris :

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Archive : séquence d’intro des « Décodeurs » du 22 novembre 2015

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#22mars vu depuis les réseaux sociaux

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Et on se rappelle des conséquences, du désarroi, de la colère, des inquiétudes et de la sidération qui ont touché le pays et le monde, comme le montre ce zapping « décalé » de l’émission « Les Décodeurs » qui revenait sur la tragédie peu après qu’elle se soit produite.

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Mémoires à vif. Attentats de Bruxelles

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