Belgique

Benoît Gilson d’Infrabel demande aux syndicats de négocier un « grand pacte social »

Benoît Gilson, administrateur délégué d’Infrabel, a déclaré qu’il y a environ 15% de grévistes, ce qui signifie plus de 85% des cheminots travaillent effectivement. La grève des cheminots, débutée dimanche dernier à 22 heures, doit se conclure vendredi à la même heure, et un service minimum de trains est prévu, avec trois trains IC sur cinq et deux trains L et S sur cinq circulant.


Les grèves répétées sur le réseau ferroviaire suscitent l’agacement de Benoît Gilson, administrateur délégué d’Infrabel, qui a exprimé son mécontentement ce jeudi matin sur la Première. Il a notamment remercié les agents travaillant durant le mouvement de grève qui impacte les chemins de fer depuis plusieurs jours.

« Il y a environ 15 % de grévistes, cela signifie que plus de 85 % des cheminots sont en activité et permettent d’assurer le trafic. C’est aussi un acte de courage de dire : moi, je travaille pendant une grève pour garantir le service public dont les gens ont besoin », a-t-il déclaré.

De plus, Benoît Gilson a souligné qu’en un an, plus de 30 jours de grève avaient été comptabilisés et a mentionné qu’un nouveau préavis de grève de trois jours avait été déposé pour la semaine prochaine, ce qui a été rejeté en raison du non-respect des conditions nécessaires. Il a qualifié cette mobilisations de « inédite » et « excessive ».

« Pour ce qui me concerne, les limites du raisonnable ont été franchies », a également déclaré Sophie Dutordoir, directrice générale de la SNCB, dans L’Echo, en qualifiant ces grèves de « politiques ».

En réponse au refus du préavis de grève, le front commun syndical des cheminots a décidé de suspendre toute participation aux instances paritaires nationales et régionales et appelle dès à présent tous ses mandataires à boycotter systématiquement les réunions.

La grève des cheminots, qui a débuté dimanche dernier à 22 heures, doit se terminer vendredi à la même heure. Un service minimum de trains est en place en raison de la grève, instauré depuis 2018, et dépend du personnel de la SNCB et d’Infrabel, le gestionnaire du réseau.

### Libéralisation du rail et statut des cheminots

Les syndicats des cheminots affirment, quant à eux, se mobiliser pour protester contre les conséquences globales de la libéralisation du rail, notamment la volonté de modifier le statut des cheminots.

En résumé, le statut de fonctionnaire des cheminots est mis en question. L’idée serait d’évoluer vers un statut de travailleurs contractuels, considéré comme plus précaire, similaire aux conditions rencontrées dans d’autres entreprises publiques. Actuellement, une très grande majorité des cheminots sont statutaires (90 %).

Cependant, Benoît Gilson ne cache pas son exaspération face à l’impact des grèves sur les usagers du rail et exhorte les syndicats à reprendre les négociations. « Il y a eu un dialogue avec le ministre de tutelle. Il y a eu deux phases de négociations très très intensives ayant abouti à un accord avec les syndicats. Et après, la base des syndicats n’a pas suivi cet accord. […] À présent, il n’y a même plus de négociations et de nouveau des mouvements de grève qui sont assez importants », a-t-il déclaré.

« J’ose croire que nous avons beaucoup d’autres façons d’attirer les gens que simplement d’offrir un statut », a ajouté Benoît Gilson.

C’est dans ce contexte que ce dernier souhaite conclure un « grand pacte social » avec les syndicats et relativise l’attractivité du statut de fonctionnaire : « J’ose croire que nous avons beaucoup d’autres façons d’attirer les gens que simplement d’offrir un statut et je ne pense d’ailleurs pas que le principal critère pour rejoindre une entreprise telle que la nôtre soit le statut. Nous avons une mission sociétale très attractive, des métiers très intéressants, et nous offrons des opportunités de carrière. On est un véritable ascenseur social parce que nous formons de nombreux employés et les faisons progresser. »

Il a également précisé que « le statut n’est pas la solution à tout » et qu’Infrabel recrute déjà 15 % de « contractuels » : « Dans mes métiers ICT, si je commence à recruter des statutaires, je n’aurai personne, car les professionnels qui exercent ces métiers ne sont pas intéressés par ce type de conditions de travail ».

Actuellement, la grève se poursuit jusqu’à vendredi en fin de soirée. La SNCB s’attend à réduire le nombre de trains en circulation durant la dernière journée des cinq jours de grève. En effet, trois trains IC sur cinq et deux trains L et S sur cinq circuleront dans le cadre du service minimal instauré par la société ferroviaire, tandis que les trains de type P seront également rares.