Belgique

Belgique : la Défense rouvre les 1re et 7e Brigades terrestres

La Brigade motorisée de la Force terrestre a été scindée, redonnant vie à la 1re et la 7e Brigade. Dans le cadre de cette réorganisation, les unités néerlandophones sont désormais rattachées au Quartier Général de la 1re Brigade à Bourg-Léopold, tandis que les unités francophones relèvent de la 7e Brigade basée à Marche-En-Famenne.


C’est sous un ciel maussade que la Défense a célébré mardi une réorganisation structurelle qualifiée d’« essentielle ». La Brigade motorisée de la Force terrestre, composée de 14 bataillons et d’environ 6500 soldats, a été divisée, redonnant ainsi vie à deux brigades historiques : la 1re et la 7e. « La 1re Brigade est issue de la Brigade Piron qui a libéré la Belgique à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, tandis que la 7e provient des forces belges présentes en Allemagne, dissoute en 2011 », a précisé le chef de la Force terrestre, le Général-major Baugnée. Cette transformation est avant tout pratique, selon le Général-major. « Un seul chef et un seul état-major n’étaient plus en mesure de planifier et contrôler correctement l’entraînement de toutes ces unités. La nouvelle structure allège significativement les charges administratives et bureaucratiques, permettant ainsi de se recentrer sur l’essentiel : la préparation aux combats de haute intensité. »

Les deux postes de commandement des brigades seront formés en alternance pour « élever le niveau de compétence des officiers ». « Le message clé est clair : nous scindons pour mieux nous entraîner, mieux commander, mieux nous transformer, bref mieux nous préparer aux combats du futur », souligne le chef de la Force terrestre.

Dans le cadre de cette réorganisation, les unités néerlandophones, ainsi que le Bataillon Chasseurs à Cheval et le Bataillon d’Artillerie, sont désormais rattachés au Quartier Général de la 1re Brigade à Bourg-Léopold (Limbourg). Les unités francophones, quant à elles, sont sous le commandement de la 7e Brigade basée à Marche-En-Famenne (Luxembourg). Cette réorganisation répond également à une demande de l’Otan, qui souhaite que la Force terrestre soit capable de fournir une brigade conforme aux critères de l’Alliance atlantique d’ici 2030. « Cette brigade comprendra un poste de commandement robuste, entraîné et projetable avec ses moyens de communication. »

La Défense, attentive à l’évolution du conflit en Ukraine, renforcera toutes les unités de cette future brigade par des drones. « Nous allons recréer un escadron de drones d’attaque armés indépendant ainsi que d’autres moyens tels que la police militaire, des éléments de guerre psychologique et informationnelle », détaille le Général-major Baugnée. « Afin de tirer les leçons de la situation en Ukraine, cette brigade augmentera sa protection en introduisant des systèmes de guerre électronique, de lutte anti-drone, de défense aérienne et de moyens de détection et de décontamination chimique et nucléaire. » La Défense ne le cache pas, cette nouvelle brigade devra être opérationnelle en vue d’un éventuel déploiement sur le flanc est de l’Otan et « partout où le gouvernement fédéral le décidera ».

En outre, le partenariat stratégique conclu avec la France dans le cadre du programme CaMo (capacité motorisée), qui prévoit l’interopérabilité des unités terrestres des deux pays sur la base du système français de combat Scorpion, sera renforcé, notamment par l’établissement d’un jumelage entre la 7e Brigade belge et la 6e Brigade légère blindée française. Le cadre de ce programme inclut l’acquisition par la Force terrestre belge de véhicules blindés Griffon, Serval et Jaguar, ainsi que de canons Caesar.