Belgique

Bart De Wever : ‘Nous ne sommes pas des esclaves (des Etats-Unis)’ à la Chambre

Le chef du gouvernement fédéral a participé au Forum économique mondial de Davos où Donald Trump a provoqué des réactions mitigées sur le sort de l’île arctique. Les partis PS, PTB, Ecolo-Groen et DéFI ont exhorté le gouvernement à renoncer à l’achat de nouveaux exemplaires de F-35, mais la demande de proposition de résolution a été rejetée par l’ensemble de la majorité.


Le chef du gouvernement fédéral a récemment assisté au Forum économique mondial de Davos, où Donald Trump a surpris ses partenaires occidentaux en oscillant entre pessimisme et optimisme concernant l’avenir de l’île arctique. Bart De Wever a reconnu : « Nous avons échappé à une véritable catastrophe« , et a tiré plusieurs enseignements de ces événements, notamment l’importance d’une Europe plus robustes. « Nous, Européens, devons être prêts à affronter des épisodes de tempête et à résister seuls« , a-t-il déclaré. Pour lui, l’Europe doit surmonter ses lenteurs, établir une union des capitaux, favoriser des coopérations renforcées et développer sa défense. Il a ajouté : « Même si ce n’est pas pour demain, il faut accélérer« . Il a également évoqué la nécessité d’allier avec des pays comme la Grande-Bretagne, le Canada, l’Australie, mais aussi l’Inde et l’Amérique du Sud. Maxime Prévot, ministre des Affaires étrangères, a résumé : « Garder la tête froide et serrer les rangs. Répondre sur le même ton ne sert à rien. Les Européens doivent se montrer unis, cohérents et se montrer forts« .

Aucun des deux ministres belges n’a évoqué une telle éventualité. Maxime Prévot a insisté : « L’enjeu n’est pas de réagir à chaque soubresaut mais regarder en face notre propre responsabilité et préparer notre propre palette de réactions« , sans donner plus de précisions. Au sein de la majorité, le CD&V et les Engagés ont soutenu la nécessité de préparer des « contre-mesures » au niveau européen. Benoît Lutgen, des Engagés, a déclaré : « Croire que Donald Trump en restera là serait une preuve de grande naïveté« . Georges-Louis Bouchez, président du MR, a critiqué « certaines politiques menées depuis trente ans » qui, selon lui, ont fragilisé l’Europe, que ce soit dans le domaine militaire, économique ou énergétique. Il a souligné : « Si aujourd’hui, on achète des F-35, c’est parce qu’il n’y a pas d’avion européen aussi performant« . Il a insisté sur le fait que « Aujourd’hui, l’heure n’est certainement pas à la lâcheté mais pas non plus à la bravade. Nous devons avoir une réponse intelligente qui passe par la souveraineté européenne« . L’opposition a brandi le choix de cet avion de chasse américain pour équiper la Force aérienne comme un argument.

Le PS, le PTB, Ecolo-Groen, et DéFI ont demandé au gouvernement de renoncer à l’achat de nouveaux appareils comme le prévoit la Vision stratégique pour la Défense 2025. Cette demande urgente a été rejetée par l’ensemble de la majorité. La prise de parole récente du Premier ministre à l’égard des États-Unis a été saluée par certains membres de l’opposition. Pierre-Yves Dermagne (PS) a déclaré : « Ces mots attestent d’un changement de ton à l’égard de Donald Trump et de son administration. Nous étions nombreux à attendre une telle expression mais ces mots vont-ils se traduire en actes« . François De Smet (DéFI) a ajouté : « Enfin une prise de parole claire de rupture avec Donald Trump. Il était temps que l’Arizona se donne un cap clair« . Raoul Hedebouw, président du PTB et opposant à l’alliance atlantique, a dénoncé le danger de « l’impérialisme américain« , en se félicitant que « l’élite belge lève le voile« . Tous les partis politiques, à l’exception du Vlaams Belang, se sont exprimés lors de cette session. Tom Van Grieken, président du parti d’extrême droite flamand, avait été invité à la cérémonie d’investiture de Donald Trump il y a un an, mais a pris ses distances depuis lors.