Belgique

Augmenter la TVA : un défi pour la droite camping-car.

L’accord sur la TVA suscite des critiques, notamment une vidéo de Marc Coucke qui met en avant la hausse de 12 % sur les petits pains. Bart De Wever a exprimé le besoin de remettre cet accord à plat, déclarant : « On croyait avoir un pur-sang et, à la fin, on a un chameau qui pue ».


Cet accord sur la TVA ternit l’image du gouvernement et surtout celle de la N-VA en Flandre. Bart De Wever, qui réalise de bonnes performances dans les sondages dans le nord du pays, est néanmoins mis à mal par cet accord instable concernant la TVA, notamment sur la question de la nourriture à emporter, qui est source de railleries et de sarcasmes.

De fait, une vidéo satirique du multimillionnaire flamand Marc Coucke a ajouté à la polémique. Dans cette vidéo, il joue un boulanger qui informe un client que les petits pains sont soumis à une TVA de 12 % car ils doivent être consommés dans les deux jours. Ce spot a rencontré un grand succès et nuit à Bart De Wever.

Réévaluation de la TVA en Belgique

Bart De Wever a pris conscience des critiques et a utilisé celles émises par le Conseil d’État pour demander une réévaluation de cet accord : « On croyait avoir un pur-sang et, à la fin, on a un chameau qui pue. » À noter qu’il prônait une augmentation générale de la TVA à 22 %, une proposition rejetée par le MR en octobre, qui n’était pas en faveur d’une hausse généralisée. Cela a conduit à un compromis complexe sur les catégories de produits. En somme, « un chameau qui pue » qui ne fonctionne pas.

Peut-on envisager une hausse générale, comme le souhaitait De Wever ? Ce n’est pas certain que le MR, qui avait déjà refusé cette option, accepte de revenir dessus. Il faut donc trouver environ 600 millions d’euros et plus, selon les indications du Premier ministre.

Confrontation entre MR et N-VA

Ce dossier sur la TVA est révélateur. Il met en lumière les stratégies électorales divergentes du MR et de la N-VA. La hausse des taxes sur la consommation est sans conteste une mesure de droite, car elle épargne le capital et les entreprises. C’est également une taxe forfaitaire qui n’est pas liée aux revenus, ce qui signifie que les plus hauts revenus, qui soutiennent majoritairement le MR et la N-VA, sont moins affectés. Ces deux partis avaient pu s’accorder sous le gouvernement Michel sur une augmentation de ces taxes.

Cependant, Georges-Louis Bouchez a fait évoluer la stratégie de son parti en visant un public plus populaire. Il cherche à incarner ce qu’il appelle « la droite camping-car ». Dans cette métaphore, cette droite « camping-car » a des intérêts différents de ceux de « la droite BMW Série 5 » flamande.

La « droite camping-car » doit veiller au prix du caddie, alors que « la droite Série 5 » s’en soucie moins. Bien que cela soit une caricature, cela explique pourquoi le MR hésite à soutenir une hausse générale de la TVA, alors que la N-VA l’accepte plus facilement.